Avoir un coup d’avance : critiquer et combattre les causes de la pandémie coronavirus et autres désastres structurels

S’attaquer ensemble aux sources des problèmes au lieu de s’écharper sur comment les gère (mal) le système qui les cause

vendredi 16 juillet 2021, par Auteurs divers.

🚨Pourrions nous, pour une fois, dans nos luttes, avoir un coup d’avance ? 📣

Savez-vous pourquoi personne ne manifeste contre les politiques des gouvernements d’Europe qui favorisent le risque pandémique ? Je suis triste de ce que nous vivons depuis bientôt deux ans. Triste de cette incapacité que nous avons à politiser la pandémie. Imaginez un accident nucléaire d’ampleur et personne, ou si peu, pour remettre en cause le nucléaire. A Bure, il y a cette compréhension que pour lutter contre les déchets nucléaire, il faut arrêter d’en produire. Qu’il faut tenir ensemble la critique contre les projets de gestion des déchets et les politiques qui les produisent. Et c’est bien ce double mouvement critique qui manque cruellement depuis le début de cette pandémie. Je ne parviens pas à me l’expliquer. Peut-être est-ce dû au fait que contrairement au risque nucléaire, qui peut-être facilement rapporté à une infrastructure - la centrale nucléaire - le risque pandémique lui, est plus diffus, à la conjonction de plusieurs facteurs. Cependant, il y a bien des infrastructures qui favorisent le risque zoonotique. L’élevage intensif, par exemple. Contester les mesures sanitaires des gouvernements aux portes de ses infrastructures aurait du sens. De là nous pourrions dire « nous savons que votre politique sanitaire n’est pas préventive, mais uniquement répressive ». « L’élevage intensif est un laboratoire des débordement zoonotique, ici se cultive les futurs pandémies. »

Avoir un coup d’avance : critiquer et combattre les causes de la pandémie coronavirus et autres désastres
On ne pourra pas éteindre tous les incendies, attaquons nous aux structures qui les causent

Le risque pandémique c’est aussi les entreprises qui contribuent à la déforestation. La liste des entreprises Française se trouve facilement : Bunge, Le groupe LDC, Bigard, le Groupe Bertrand, E. Leclerc, Casino... Il nous faudra bien déployer des gestes barrières pour nous protéger de ces entreprises. Les gouvernements n’y pensent pas et n’ont probablement pas envie d’y penser et rien dans les manifestations contre la politique sanitaire, les y oblige.
Depuis le début de cette pandémie, je suis traversé par une forme de dépression avec ce sentiment étrange qui parfois me vient, de ne plus avoir goût aux lendemains. La pandémie est notre première grande catastrophe des effets néfaste de la production dans ce monde obnubiler par le profit, et la manière dont on y fait face, ne me donne vraiment pas envie de vivre davantage.
Comprenez-moi, ce ne sont pas les catastrophes qui me retire le goût de vivre, mais la réaction aux catastrophes et ce peu de volonté marqué de vouloir en sortir réellement. Je pense à ce livre d’Isabelle Stengers, « Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient ». Elle s’interroge sur notre capacité à frayer dans les catastrophes, non pas à survivre, mais à faire que politiquement, nous puissions les traverser et en sortir. A quoi bon trouver les remèdes contre cette pandémie, si c’est pour s’en prendre une autre, parce que rien n’aura été fait pour s’en prémunir. Je regarde les manifestations d’hier contre le PassSanitaire, comme celle d’avant hier contre le couvre-feu, sans passion aucune pour ce qu’elles énoncent. On en est là. Sans perspective, sans horizon. A se prendre les pieds dans le tapis des protections et à ne rien énoncer qui décadre le problème.
Avez-vous vu les images du petit groupe de Zapatistes arrivé en France ? Avez-vous vu comment ielles se protègent du covid ? Le gouffre qui nous séparent. On pourrait peut-être partir de là. Comment ici en France on en est arrivé à faire de la protection (le confinement, le masque, le vaccin ) un motif de dispute, laissant de côté les causes ?
Je repense à cette mise en scène, du point presse hebdomadaire du gouvernement Français et je me dis, quelle bande de tartuffe. La courbe des patients en réanimation peut bien baisser, tant que la courbe de la déforestation ne baisse pas, nous ne seront pas à l’abri d’une nouvelle vague. S’adapter, dans la bouche de ses tartuffes, c’est faire avec les pandémies. Non pas seulement avec celle-ci qui est là, et pour laquelle nous n’avons pas d’autre solutions que de frayer dedans, mais avec les autres à venir. S’adapter, pour les gouvernements d’Europe, c’est faire avec le risque pandémique et surtout ne pas lutter contre. Voilà la vérité. La pandémie de covid est là, mais la prochaine n’est pas encore là. Pourrions-nous avoir, pour une fois, dans nos luttes, un coup d’avance ? Pour y parvenir, il faudrait peut-être sortir de cette réaction permanente qui sature nos réseaux et nos esprits.

Amitiés,
Emma.

ps : Je retiens de Gwenola Ricordeau cet enseignement : « Le recours à la justice pénal est l’échec du collectif ». Et bien d’une certaine manière l’extension du PassSanitaire est l’échec du collectif. Et je repense aux Brigade de Solidarité Populaire pendant le premier confinement, à l’importance des ces groupes. Avec ces brigades, il nous était possible de critiquer la dimension répressive et injuste du confinement, sans pour autant contester sa nécessité.

Tribune sur CND

Avoir un coup d’avance : critiquer et combattre les causes de la pandémie coronavirus et autres désastres
Vaccination, pass sanitaire, complotisme, réformes ultralibérales : pistes de réflexion

P.-S.

VACCIN, PASS SANITAIRE, COMPLOTISME ETFORMES ULTRALIBÉRALES

Dans cette période troublée par la pandémie et l’autoritarisme, la confusion politique et le complotisme, quelques pistes de réflexion pour combattre le gouvernement :

➡ Être vacciné-e ne signifie pas soutenir le gouvernement, ne pas être vacciné-e ne signifie pas être antivax. Ça paraît bête à dire, mais les clivages sont parfois tellement figés, et les arguments tellement pauvres, qu’il paraît important de partir de là : sans un minimum de nuance et d’analyse politique, on vire dans une guerre de tranchées souvent stérile dont le seul vainqueur ne peut qu’être le gouvernement.

➡ Si nous ne sommes pas médecins, la plupart des antivax ne le sont pas non plus. Colporter des rumeurs anxiogènes et de fausses informations ne sert pas à grand-chose à part semer la confusion. Une confusion alimentée par le gouvernement et ses communicants à travers des injonctions contradictoires depuis le début de la pandémie. Semer la confusion est ainsi le meilleur moyen pour le pouvoir de s’assurer une tranquillité : lorsque les mots ne veulent plus rien dire, lorsque la vérité est enrobée de mensonges et qu’on ne distingue plus le vrai du faux, le combat ne peut plus se mener sur le terrain de la raison.

➡ Mettre une étoile jaune, se comparer aux palestinien-nes, au génocide rwandais ou à l’apartheid d’Afrique du Sud, c’est être né-e avant la honte. Ça n’est pas parce que le climat politique actuel est détestable qu’il faut se comparer à des situations comme celles-ci, d’abord parce que c’est manquer de respect aux victimes de l’holocauste, du sionisme, de l’apartheid et de politiques génocidaires, ensuite parce que les mécanismes qui ont conduit la France à la situation actuelle sont très différents. S’il devait y avoir une comparaison historique pour Macron, ce ne serait pas celle d’Hitler mais plutôt Thatcher, un pouvoir ultra-libéral et réactionnaire qui réprimait férocement toute contestation sociale au nom de la liberté tout en soutenant des dictatures néo-coloniales. 40 ans après la Dame de fer, Macron bénéficie de nouvelles technologies de contrôle et de communication qui en font une dystopie totalitaire, un mix entre Thatcher et Dark Vador.

➡ Le problème du Pass Sanitaire n’est pas tant dans le vaccin que dans le contrôle social, le fichage numérisé de la population. Cet instrument de contrôle biopolitique est une atteinte grave aux libertés. On s’habitue à être scanné pour avoir accès à un certain nombre de services en fonction de sa sérologie, et bientôt quoi ? Son casier judiciaire ? Son fichage politique ? Sa religion ? Son ethnicité ou son orientation sexuelle ?

➡ Le gouvernement prétend lutter contre l’épidémie, mais il met en place les mesures qui l’arrangent politiquement, sans considérer leur efficacité réelle. Que la population crève importe peu au pouvoir, l’important c’est qu’elle crève en silence, sans déranger. L’accent est ainsi mis sur la communication, sur des effets d’annonce permanents, ritualisés, quitte à raconter n’importe quoi. Chaque membre du gouvernement pourrait réclamer la palme de l’absurdité, de Frédérique Vidal annonçant la reprise des cours à l’université après la fin des examens à Sibeth Ndiaye qualifiant le port du masque de « geste technique précis », en passant par Jean-Michel Blanquer qui se vante partout d’avoir gardé les écoles ouvertes alors que son administration cachait les contaminations sous le tapis.

➡ En résumé, la gestion du coronavirus par le pouvoir, c’est une gestion purement policière et autoritaire de la crise, doublée d’effets d’annonces inutiles, anxiogènes et qui font porter la responsabilité de la crise à celles et ceux qui la subissent. En bref : une pénurie de masques, des injonctions contradictoires, huit mois de couvre-feu pour rien, l’utilisation de drones pour contrôler des campeurs, l’obligation du port du masque en extérieur et la restriction d’accès aux endroits « respirables » (plages, parcs…), pas de purificateurs d’air, pas de dédoublements dans les salles de classe, pas d’investissement dans l’éducation comme chez nos voisins européens, des fermetures de lits et une médaille en chocolat pour les soignant-es.
L’article serait trop long à tout résumer, d’autres l’ont déjà fait mieux que nous.

➡ Le gouvernement a fait de la pandémie une opportunité : faire taire les contestations au nom d’une unité nationale face au covid, utiliser la maladie comme un choc pour attaquer les conquis sociaux de tous les côtés. Ce qui passait difficilement avant passe beaucoup plus facilement, puisque l’attention se porte sur la situation sanitaire. Ces attaques sont d’autant plus violentes qu’elles se passent du vernis démocratique habituel, on se rappelle du conseil de défense qui avait décidé de faire passer la réforme des retraites en force au lieu de gérer la crise sanitaire.

➡ L’imposition de mesures sanitaires très contestées sert donc de contre-feu à des mesures anti-sociales. Se focaliser sur le seul pass sanitaire, c’est faire le jeu du gouvernement, car c’est ne pas regarder son objectif politique réel : la destruction de tous les communs, de tous les espaces collectifs où la notion de solidarité prend le pas sur la concurrence. Dans l’idéologie macronienne, la concurrence est la base de tout. Pas seulement de l’économie, mais de tout. C’est en cela que Macron est ultra-libéral : tout ce qui n’est pas concurrence doit disparaître, tout ce qui n’est pas performance doit être détruit. Et c’est cette idéologie qui s’impose en se cachant derrière la lutte contre la pandémie. Si combattre le pass sanitaire paraît nécessaire, se limiter à ce combat c’est avoir déjà perdu.

➡ La situation actuelle est un malaise généralisé, où chacun-e se rend compte qu’il y a un problème, où chacun-e voudrait résister mais ne trouve pas de prise pour renverser la vapeur. Cette situation rappelle le début des Gilets Jaunes : une colère mal digérée, sincère et cacophonique. Que la gauche ne s’empare pas de cette colère et s’enferme sur ses principes signe sa défaite. Que les organisations de gauche ne soutiennent pas les manifestations est une énième trahison, c’est laisser la confusion régner et gagner au sein d’un mouvement populaire et contestataire. Juger avec hauteur et mépris ces manifestations et les personnes qui y participent, c’est s’enfermer dans le stéréotype, le jugement hâtif, c’est rester dans une attitude de défaite qui caractérise la gauche depuis trop longtemps.

➡ La manifestation du 14 juillet fait état d’une colère légitime, mais l’arrivée à la préfecture de Nantes sans objectif clair illustre son manque de perspectives : que cherche-t-on à obtenir ? Si nous voulons marcher sur la tête des rois, il faudra s’en donner les moyens !

Post de Nantes Révoltée

🔴⚫ MANIFESTATION CONTRE LE PASS SANITAIRE : L’ANTIFASCISME DANS LA RUE.🔴⚫

[Nous relayons ce texte anonyme reçu ce matin dans notre boîte mail]
Demain, samedi, des appels à manifester sont lancés partout en France contre le pass sanitaire, la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage.
Ces appels semblent prendre une ampleur surprenante. Ils mettront dans la rue des milliers de personnes.
Parmi elles des complotistes, des confusionnistes, mais aussi une partie de l’extrême droite.
Rappelons nous, ami.e.s antifascistes, autonomes, libertaires, communistes, l’hésitation qui s’emparait de nos milieu, de nos discussions, à la veille du 17 novembre 2018 quand débuta le mouvement des gilets jaunes.
Une hésitation qui caractérisa notre absence au début du mouvement et une prise de place importante des idées d’extrême droite dans les cortèges.
La leçon que nous devons en tirer c’est que dans les villes où l’hésitation fût moindre, l’antifascisme s’est propagé avec plus de force encore (Rouen, Nantes, Toulouse ou encore Montpellier).

Ce samedi 17 juillet, aucune hésitation n’est possible. La rue doit aussi être prise par celles et ceux qui portent les valeurs de l’autonomie, de l’autogestion et de l’antifascisme.
Face à la destruction sociale organisée par les offensives neo-liberale et au massacre des libertés par le contrôle de la circulation.

Ami.e.s, demain portons haut nos couleurs. Sans hésitation. La rue sera jaune, rouge et noir !

« La situation actuelle est un malaise généralisé, où chacun-e se rend compte qu’il y a un problème, où chacun-e voudrait résister mais ne trouve pas de prise pour renverser la vapeur. Cette situation rappelle le début des Gilets Jaunes : une colère mal digérée, sincère et cacophonique. Que la gauche ne s’empare pas de cette colère et s’enferme sur ses principes signe sa défaite. Que les organisations de gauche ne soutiennent pas les manifestations est une énième trahison, c’est laisser la confusion régner et gagner au sein d’un mouvement populaire et contestataire. Juger avec hauteur et mépris ces manifestations et les personnes qui y participent, c’est s’enfermer dans le stéréotype, le jugement hâtif, c’est rester dans une attitude de défaite qui caractérise la gauche depuis trop longtemps. » extrait de "VACCIN, PASS SANITAIRE, COMPLOTISME ETFORMES ULTRALIBÉRALES" de Nantes Révoltée.

post de Cerveaux non disponibles

Pass sanitaire : l’obligation vaccinale déguisée entrave nos libertés

Depuis les annonces d’Emmanuel Macron d’obligation vaccinale pour les soignants et de chantage aux libertés pour les autres, nous sommes sous le choc. Sous le choc, d’une décision qui nous monte les uns contre les autres et attaque nos libertés de choix pour se soigner, de nos libertés de circuler de travailler, d’étudier, d’accéder à la culture et aux loisirs… En bref de vivre. Cette décision affecte aussi la conduite de nos activités économiques. Quand un chef de l’État impose ce genre de décision, il démontre un peu plus la fragilité de sa base démocratique et républicaine.

La vaccination est un choix personnel, non anodin, mais faisant partie des différents outils nous permettant de lutter contre cette pandémie. Seulement il n’est pas le seul et il ne peut être ainsi imposé à toutes et tous sous la contrainte et la sanction. Toutes les voies pour diminuer les effets de cette pandémie doivent continuer à être recherchées, l’investissement de L’État dans le service public de santé doit rapidement prendre de l’ampleur et nous devons lutter contre les causes conduisant à l’expansion de cette pandémie : perte de biodiversité, dérèglement climatique, mondialisation des échanges, affaiblissement immunitaire des populations par la sédentarisation, la malbouffe…

Nous ne sommes ni « anti-vax » ni « complotiste », mais sans cet ensemble d’actions, la stratégie sanitaire nous semble inutile et illusoire : les variants vont continuer de proliférer et la pandémie suivante sera à coup sûr encore plus sévère. Il est grand temps d’engager l’ensemble de la société vers une transition écologique et sociale, solidaire et équitable.

Nous sommes responsables et nous ne voulons pas participer à la diffusion de la pandémie sur nos fermes, dans nos activités de vente ou de production, sur les marchés et les magasins de producteurs et productrices. Pour autant, imposer le pass sanitaire et exiger de nous de le faire respecter à nos client.es est inacceptable. Là encore, la liberté de choix doit prédominer et nous savons pouvoir compter sur la responsabilité et la solidarité des paysannes et paysans ; comme des citoyennes et citoyens.

https://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=11639


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