A Beyrouth, et ailleurs, le pouvoir et ses politiciens, ses institutions, ses partis, ses banques et ses médias ne sont plus légitimes

Depuis le 4 août, « le peuple » veut se libérer de l’occupation

lundi 10 août 2020, par Les Indiens du Futur.

Lire Depuis Beyrouth : « Justice pour les victimes, vengeance contre le régime » - Ce appel collectif qui vient de nous être transmis par des amis libanais a été scandé au mégaphone, brandit et distribué dans les quartiers sinistrés de Beyrouth alors que une foule immense déferlait dans les rues du centre-ville.
(Un appel paru dans lundimatin#251, le 9 août 2020)

- extraits :

Ceci n’a pas eu lieu suite à une catastrophe naturelle. Ceci n’est pas le résultat d’une fausse manœuvre ouvrière ou d’un accident quelconque. Ceci n’est pas non plus le résultat de l’état général de corruption qui sévit ici depuis plus de trente ans. L’explosion du 4 août 2020 est un meurtre prémédité, commis contre le peuple.

Il y a donc ceux qui ont planifié, ceux qui ont exécutés, ceux qui ont profité et ceux qui se justifient à présent.

Le 4 août 2020, toute légitimité de ce pouvoir est tombée et nous sommes à présent en guerre contre lui. Ni ses politiciens, ni ses institutions, ni ses partis, ni ses banques et ni ses médias ne sont légitimes. Et cette légitimité ne sera pas restaurée par les commissions d’enquête, les urnes et les gouvernements de sauvetage. La légitimité aujourd’hui est la nôtre, nous qui nettoyons nos rues, soignons nos blessés et pleurons nos morts.

Nous lutterons pour libérer nos institutions des mains des usurpateurs.
Nous lutterons pour libérer notre ville des assaillants.
Nous lutterons pour libérer nos biens et nos économies du pouvoir des banques.
Nous lutterons pour libérer le peuple de l’occupation.
Nous lutterons pour nous libérer de ce régime.
Un jour, « notre président » a dit : « Si le pays ne vous plait pas, et bien émigrez ! ».
Monsieur, depuis le 4 août 2020, c’est la bataille pour votre destitution qui a commencé.

A Beyrouth, et ailleurs, le pourvoir et ses politiciens, ses institutions, ses partis, ses banques et ses médias ne sont plus légitimes

Commentaires

On aurait pu entendre ce cri de révolte en France après la catastrophe industrielle Lubrizol à Rouen, et après tant d’autres désastres écologiques ou sociaux auparavant, en France ou ailleurs.

- Sur Lubrizol, et les catastrophes écocidaires visibles ou quotidiennes et « invivibles » :

Les catastrophes climatiques, écologiques et sociales mondialisées induites par le capitalisme et la civilisation industrielle se déchaînent atrocement partout.
Le réchauffement climatique mortel et la destruction accélérée des écosystèmes vitaux, des animaux et des espèces ne sont pas des catastrophes naturelles, ils sont déclenchés et maintenus par des intérêts privés industriels et étatiques, par des castes de grands capitalistes, de lobbys, de technocrates, de politiciens et de blocs bourgeois.
Le système en place est en guerre sans merci contre les humains et le vivant.
C’est donc partout qu’il faudrait nous libérer de l’occupation et destituer les pouvoirs, stopper la civilisation industrielle et son capitalisme.

Des minorités extrémistes détruisent donc de manière préméditée le monde vivant, embarquant dans leur idéologie mortifère et illusoire des tas de gens, des riches et même des pauvres.
Nous n’avons pas d’autres planètes où émigrer.
Si « le peuple » n’existe pas, tout particulièrement dans des pays divisés en multiples classes et sous-classes culturelles et sociales en concurrence pour l’emploi et la survie, il existe des multitudes de personnes, de catégories et de groupes révoltés, conscients de ce qui leur arrive, désireuses d’autre chose, et qui pourraient s’allier, se complémenter, pousser ensemble.
Ces personnes pourraient se rendre compte qu’elles ont de puissants intérêts communs, ne serait-ce que celui de vouloir vivre décemment sur une planète habitable, et qu’elles subissent un système, une idéologie et des structures matérielles économiques et politiques, qui ne mènent qu’aux désastres partout et pour toutes et tous.

A Beyrouth, et ailleurs, le pourvoir et ses politiciens, ses institutions, ses partis, ses banques et ses médias ne sont plus légitimes
Larmes de crocodiles, visuel de Cerveaux non Disponibles

Le capitalisme, son marché, ses emplois, ses banques, ses actionnaires, sa croissance, son productivisme, la civilisation industrielle, son progrès, ses merdias, son développement économique, son idéologie consumériste marchande, et les Etats, leurs régimes et leurs polices privées ou publiques qui protègent et imposent tout ça par la force armée et la propagande n’ont plus aucune légitimité.
Ils ne sont ni crédibles, ni défendables, ni réformables.

Il est devenu vain et inutile de manifester, de demander, de revendiquer, les pouvoirs s’en moquent et il est bien trop tard.

Quand les peuples sont acculés au désespoir et à la ruine, sans possibilité de changement positif du fait du totalitarisme économique, de l’autoritarisme politique et de la violence étatique, que leur reste-t-il ?

P.-S.

Note additionnelle :

Attention, au Liban comme ailleurs, un simple changement de gouvernement, surtout s’il reste pris dans les filets de la finance, des lobbys industriels, de l’idéologie du progrès, de la relance économique et de la-croissance-pour-créer-des-emplois, n’entraînera aucune modification substancielle et durable de la vie des classes populaires, ni aucune pause dans la dévastation totale du monde vivant et dans l’exploitation capitaliste aliénante des travailleurs et travailleuses.

Les bouleversements radicaux pouvant ébaucher des sociétés vivables et soutenables sont bien plus profonds que de nouvelles élections, une prime ou une hausse de salaire, un relookage de Constitution, ou l’élaboration d’un gouvernement de crise d’union nationale. (voir quelques possibles pistes avec Lordon)


1 Message

  • A Beyrouth, et ailleurs, le pouvoir et ses politiciens, ses institutions, ses partis, ses banques et ses médias ne sont plus légitimes Le 11 août à 22:38, par Camille P

    oui, et je dirais même plus :
    La démission d’un gouvernement et des nouvelles élections ne change pas grand chose.
    Les peuples libanais veulent-ils reprendre la main sur les banques, les gros médias marchands et étatiques, les lobbys, les grands capitalistes, et plus généralement, veulent-ils autre chose que le capitalisme et la fuite en avant suicidaire dans la marchandisation de tout, la croissance et sa justification par la « création d’emplois » ?
    S’ils reprennent la main sur le monde de l’économie, alors ils pourront envisager des formes de démocraties directes concernant la politique, et donc envisager d’en finir avec les gouvernements, la corruption, etc.

    voir aussi : Liban. Après la démission du gouvernement, quelles perspectives pour le soulèvement populaire ? - Lundi le gouvernement libanais a démissionné sous pression du soulèvement populaire après que des manifestants aient envahi plusieurs ministères ce week-end. Pendant ce temps Macron et les grandes puissances font de l’ingérence et tentent de sauver le régime à coups de millions d’euros.

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