Une certaine écologie s’accomode beaucoup trop du capitalisme

...et veut renforcer la coercition étatique au lieu de l’émancipation et de la démocratie directe

par Camille Pierrette.
Mis à jour le samedi 6 octobre 2018

Diverses personnes portent des discours sur la situation écologique qui au fond ne dérangent pas trop le système destructeur en place. Les médias capitalistes les adorent et les mettent au devant de la scène pour occuper les gens légitimement inquiets et révoltés des destructions écologiques, éradications d’animaux, catastrophes climatiques..., et les détourner des actions vraiment importantes.

Aurélien Barrau est un de ceux-là, l’article suivant analyse des points problématiques de ses discours (ce qui n’empêche pas qu’il fait un état des lieux assez juste) :

- Quelques petits problèmes concernant le discours d’Aurélien Barrau (par Nicolas Casaux)

- Extraits :

La perspective d’Aurélien Barrau, bien trop courante au sein d’une gauche particulièrement ignorante, politiquement, suppose que la destruction de la planète et l’exploitation organisée des êtres humains par d’autres êtres humains, les multiples oppressions et les inégalités qui caractérisent la civilisation industrielle, sont autant d’accidents de parcours, d’effets indésirables qui devraient pouvoir être jugulés. Ce n’est pas le cas. L’État capitaliste repose, au même titre que la civilisation industrielle, sur le pillage et la destruction de la planète, sur les hiérarchies sociales, sur l’exploitation sociale, les inégalités et les oppressions. Il s’agit de ce qu’implique son fonctionnement normal, et non pas d’une erreur qui pourrait être rectifiée.

Ainsi que le formule le sociologue états-unien Charles Derber, l’État capitaliste est une entité sociopathique : ses structures sociales produisent des individus sociopathiques en encourageant des comportements sociopathiques (au travers et à cause de la compétition, de l’exploitation sociale généralisée, la servitude imposée qu’on appelle salariat, de la propriété privée, du militarisme, des inégalités, etc.). Donc attendre de l’État, de ses institutions et de ses dirigeants qu’ils nous sauvent, et qu’ils sauvent la planète, qu’ils fassent donc ce qu’ils ne sont pas censés faire — et même le contraire de ce qu’ils sont censés faire —, c’est se fourvoyer dramatiquement, et se condamner, et la planète avec, à un péril certain.

On comprend alors que son discours témoigne de la réussite du conditionnement d’État, qui est en effet parvenu à infantiliser la plupart, à les persuader que la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est demander à Papa-l’État d’intervenir et de sauver la situation. C’est ce qui amène Aurélien Barrau à affirmer, sur France Culture : « Il me semble que les présidents de la république […] doivent endosser leur costume de super-héros et mettre en marche cette révolution indispensable à notre survie. »

On entend de plus en plus parler de l’idée d’un lobby citoyen, et pourquoi pas, mais il faudrait avant tout que ce lobby vise à redistribuer le pouvoir, et non pas à demander des lois pour ci ou ça. En effet, la plupart des gens, ne réalisant pas l’ampleur de ce qui pose problème dans la civilisation industrielle — à peu près tout —, semblent croire que les petites mesures « impopulaires » et « coercitives » qui pourraient effectivement être approuvées ou acceptées par ceux au pouvoir parce qu’elles ne menacent les intérêts d’aucun capitaine d’industrie, comme la limitation de vitesse passant de 90 à 80 km/h, comme le bannissement de certains objets en plastique, et même, imaginons, l’imposition à l’ensemble de la société des petits gestes de l’écocitoyen modèle par le biais de la législation, pourraient véritablement faire une différence. Ce n’est pas le cas. Dans l’ensemble, cela ne changerait rien


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