Racisme, islamophobie, patriarcat, répressions policières..., ces violences institutionnelles concernent l’écologie aussi

La résistance écologique, c’est aussi soutenir et comprendre les luttes contre l’oppression

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le samedi 9 novembre 2019

MARCHE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE : POURQUOI NOUS IRONS MANIFESTER EN TANT QUECOLOS

(un post de Désobéissance Ecolo Paris)

Nous avons ressenti le besoin de mettre au point certaines choses : en effet, vous êtes plusieurs à avoir mal pris notre publication appelant à converger tou-te-s le 10 novembre pour marcher contre l’islamophobie.

Cette hostilité particulièrement débridée sur la question de l’islamophobie nous étonne et nous navre, car elle vient de ceux et celles qu’on aurait pu croire être des allié-e-s de cette lutte. De plus, il nous semble qu’il ne s’agit pas là d’un cas isolé de racisme—oui, le mot est juste ; on y reviendra plus tard—porté par des gens se revendiquant de l’écologie, mais qu’il y a un lien plus profond et bien plus complexe entre écologie et racisme.

La résistance écologique, c’est aussi soutenir les luttes contre l’oppression

🙌 Mise au point

Dans le contexte actuel, il est particulièrement important d’afficher notre soutien à celles et ceux qui vivent et luttent contre le racisme et l’islamophobie, tandis qu’en parallèle se développent un regain d’intérêt pour l’écologie fascisante et une réappropriation de l’écologie par divers milieux d’extrême droite, qui pourraient très facilement se servir de ce discours ambiant pour faire leur place de façon sérieuse dans le débat d’idées contemporain et asseoir leur vision réactionnaire.

Au moment même où :

• le président de la République—et par la même son gouvernement—sacrifient les valeurs présentées comme « progressistes » (qui ne sont, en général, que des valeurs conservatrices dissimulées derrière un faux discours d’émancipation) pour accorder un long entretien à un média d’extrême droite
• les divers hauts fonctionnaires n’hésitent pas à reprendre tels quels des discours coloniaux et militaristes auparavant réservés à ceux contre lesquels on appelait à faire un « barrage républicain »
• l’on n’entend plus sur les médias que des appels à se projeter désormais dans une « reconquête » des « territoires perdus de la République »

Il est particulièrement urgent de dire stop à la montée des discours stigmatisant une partie de la population pour leur appartenance religieuse.

Il s’agit par ailleurs de souligner que l’islamophobie est bel et bien un discours raciste qui tente de se cacher derrière la dénonciation d’une idéologie religieuse. Le cliché du musulman comme extrémiste islamiste, ennemi de la République, laïque, capable de violences envers celles et ceux qui ne sont pas de sa confession, a pu émerger dans une France déjà raciste. Dans les années 1970, ceux que l’on appelait jusqu’à présent "les Arabes", ou "travailleurs étrangers", deviennent les "musulmans" : « Ça fait raciste de parler des Arabes, ça désigne des peuples, une origine ethnique, c’est mal vu, alors que parler de musulmans, c’est tout à fait permis. En passant d’Arabes à musulmans, on a l’air d’être moins raciste. Et c’est aussi pratique parce qu’on peut leur trouver une faute, autre que leur origine ou que de manger du couscous. Être musulmans, ils pourraient arrêter de l’être » selon la sociologue Christine Delphy (voir l’article dans Regards : ) http://www.regards.fr/…/comment-est-on-passe-de-l-arabe-au-…).

Résumons donc : plutôt qu’un débat de fond sur la laïcité, les discours islamophobes qui se propagent actuellement en France (et ailleurs) servent principalement à rendre suspicieux non seulement toute une religion, mais aussi des traits culturels et une origine sociale. Ces discours visent à marginaliser encore plus des populations des quartiers populaires et des banlieues subissant déjà des violences policières, des discriminations à l’embauche, au travail et au logement.

👂 Ecouter les premières concernées

Parler à la place des dominé-e-s est le premier facteur d’oppression : même si l’intention est parfois d’aider, il s’agit toujours d’une pratique oppressante vécue comme telle par les personnes à la place desquelles on parle.

Lorsqu’on demande aux femmes musulmanes comment elles vivent la surenchère anti-voile au quotidien, comme certain-es d’entre nous aient pu le faire lors du dernier rassemblement contre l’islamophobie sur la place de la République, leurs récits sont poignants.

Asma, apprentie infirmière, redoute de plus en plus à être mal perçue et rejetée par tous les français non-musulmans qu’elle croise et ne sait pas si elle doit craindre des violences physiques de la part de la police ou des personnes islamophobes. « Quand on voit une femme à qui la police a arraché le voile, tu te demandes : si demain tu sors dans la rue, qu’est-ce qu’on va te faire ? » Assa, une autre étudiante voilée, fait part de la nécessité de cacher ses convictions et sa pratique religieuse pour être acceptée au travail. « Quand on est en stage, il faut qu’on enlève notre voile à cent mètres de l’établissement, parce que si le cadre nous voit, on va se faire lyncher tous les jours, c’est sûr », témoigne-t-elle. Awa, elle, a peur pour son avenir professionnel.

Toutes les personnes interrogées ce jour-là portaient le voile par choix et affirmaient que personne n’avait la capacité de les y obliger.

Quant bien même elles ne l’auraient pas choisi (ce qui est très peu probable en France), il ne s’agit pas de penser que leur interdire quelque chose leur permettrait de se libérer d’une oppression. Il n’y a rien de pire que de vouloir aider une personne opprimée sans lui demander son avis : on réduit son propos en choisissant à sa place le moyen d’expression, et on lui retire la possibilité de se sentir plus légitime en s’exprimant elle-même, on l’infantilise comme si elle n’avait pas la capacité de parler pour elle-même.

Les personnes opprimées n’attendent pas de nous qu’on les libère, elles le font elles-mêmes : retenons donc que, quand on n’est pas concerné, plutôt que de porter un jugement moral sans prendre en compte des réalités sociales qu’on ignore, nous devrions tout simplement être à l’écoute des personnes à la place desquelles on souhaite parler.

Ne pas renforcer ce système raciste

Le racisme est un système d’exploitation qui se perpétue grâce à des stéréotypes qui le renforcent et qui appellent à une stigmatisation.

Des remarques qui pourraient paraître anodines à certain-e-s servent en réalité à légitimer à des pratiques discriminatoires. A ce titre, toutes les personnes reprenant ces discours sans les déconstruire participent à rendre plus puissant un imaginaire d’exclusion, qui fantasme les musulman-es comme une cinquième colonne, une menace qu’il s’agirait de surveiller, d’encadrer, de déporter, d’exclure, voire même d’abattre.

On ne comprendra pas le rôle de ces discours sans parler d’oppression, de processus d’invisibilisation, d’émancipation et d’allié-e-s : c’est là faire tout un travail de déconstruction, travail essentiel et nécessaire qui manque cruellement au sein du milieu écolo dont nous faisons partie.

Cela s’explique principalement par la composition sociologique de ce milieu, avec une majorité de personnes blanches et aisées, c’est-à-dire des personne n’ayant jamais subi les oppressions liées au racisme et qui en tirent même un bénéfice (peu importe vos bonnes intentions, si vous êtes perçu comme étant blanc.he, vous n’êtes pas susceptible de subir des contrôles au faciès de la part de la police ou de recevoir des remarques xénophobes ou racistes, et vous avez plus de chance d’accéder à des études, des emplois ou des logements que vous souhaitez, sachant qu’on ne va pas vous associer des stéréotypes liés à votre couleur de peau, vos origines ou vos pratiques religieuses).

Combien de fois lors d’un événement sur le thème de l’écologie avons-nous observé que la salle était remplie de personnes pour la grande majorité blanches, n’ayant en apparence pas évolué dans les quartiers populaires ?

En tant que groupe social, le milieu écologiste peut se révéler brutal pour les personnes subissant les oppressions liées à ce système d’exploitation : sans même s’en apercevoir, il nie trop souvent leurs vécus quand il s’agit de violences policières ou de racisme environnemental. Ainsi et en tant que groupe, il remet en cause leur parole, leur dignité, il les déshumanise à son tour et participe à la reproduction du racisme. A cela peut s’ajouter aussi une problématique de classe, puisqu’il est également vrai que les écolos sont majoritairement issus de milieux privilégiés, qui n’ont donc pas non plus connu les difficultés économiques, ces difficultés étant structurellement liées aux oppressions raciales.

Cependant, ce constat n’est pas universellement vérifié : nous parlons là depuis un point de vue situé territorialement et de ce que nous connaissons en France, principalement en région parisienne. D’autres écologies mainstream, d’autres écologies de masse luttent contre la déshumanisation raciale : ainsi, les peuples (autochtones ou non) qui luttent en Amérique du Sud, en Asie ou en Afrique se revendiquent d’une écologie de la dignité. En France des personnes d’extractions africaines et nord-africaines luttent pour (une écologie de) la dignité, pour qu’iels n’aient plus à raser le mur, qu’iels ne soient plus exposé-e-s à des produits polluants, qu’iels ne meurent plus sous les coups de la police. Tou-te-s luttent pour un droit à la vie et à une vie digne.

Ce constat sociologique sur la composition actuelle du mouvement climat français est également renforcé par un passé colonial de l’écologie, qui s’est construite pendant de nombreuses décennies littéralement contre certaines populations (voir pour cela le récent article pour une écologie décoloniale).

Pour ces différentes raisons, le courant écologiste mainstream en France ne tient aujourd’hui quasiment aucun discours sur l’organisation raciste de la société, et même reproduit cette organisation.

🧐Pourquoi le mouvement climat est particulièrement en retard sur la réflexion anti-raciste

Le discours écologiste porté par des populations blanches privilégiées est d’autant plus problématique lorsqu’il tend à invisibiliser les multiples dominations (raciste, sexiste, autoritaire, etc.) derrière un discours universaliste sur la protection du vivant. Ainsi, sur l’événement de l’occupation d’Extinction Rebellion à Italie 2, qui appelait à "entrer en résistance contre un système de domination patriarcal, raciste et néo-colonial qui exploite les plus démuni.e.s", a-t-on vu surgir des commentaires de personnes gênées par cette formulation et qui demandaient à la remplacer par un propos plus environnementalo-centré, de type "contre la destruction du vivant". Or le terme de "vivant"* est problématique puisqu’il ne permet pas de faire émerger la pluralité de conditions des êtres qui le composent, et qui subissent les exploitations, certes exercées par un même système économique et social—mais pas seulement, le racisme et le sexisme prennent des formes spécifiques sous le capitalisme, mais les oppressions raciales et patriarcales lui préexistent—de façon plus ou moins directe et frontale.

De même, appeler à protéger la nature, sauver la terre, ou encore lutter pour le climat, édifie le militant écolo en sauveur universel qui œuvre pour l’ensemble des populations du globe, et lui donne une "conscience verte" qui lui permet de tout justifier au nom de la "nature", y compris opprimer des minorités, ou bien invisibiliser leur lutte. A cet égard, il n’y a qu’à rappeler le rôle ambivalent des parcs naturels qui ont historiquement servi à la fois à préserver des espèces animales ou des biomes spécifiques et à la fois à maîtriser, exclure ou réprimer des populations autochtones (le parc de Yellowstone aux États-Unis en est un cynique exemple).

Les écologistes ont de ce fait du mal à se sentir concernés par les luttes antiracistes et décoloniales, et, lorsqu’ils y font référence, c’est de façon détournée. La manière la plus récurente de faire le lien avec ces problématiques est l’argument des réfugié.e.s climatiques, qui pose en effet problème : outre qu’il omet de préciser que la plupart des migrations se font depuis les pays concernés par ces problématiques climatiques vers des pays non-occidentaux, et non vers des pays occidentaux, il présente les choses de telle sorte que les populations occidentales sont également victimes de ces migrations puisqu’elles ont comme devoir d’accueillir les migrants sur leur territoire, plutôt que de mettre l’accent sur ce que subissent ces personnes mêmes. Tout est donc rapporté aux problèmes des dominants sans jamais parler exclusivement des oppressions qui se jouent, les rendant légitimes seulement parce qu’elles concernent aussi les dominants.

Enfin, on trouve au sein du mouvement climat, encore beaucoup d’associations environnementalistes qui mènent des actions s’incrivant dans une dynamique néocoloniale. Militer en écologie c’est donc par défaut militer aux côtés de ces associations et se retrouver, peut-être involontairement, complices d’actions et de considérations racistes car plaçant la protection de l’environnement au dessus du respect des modes de vie des populations déshumanisées racialement et attentives aux problèmes auxquels elles sont confrontées en permanence.

👊 Comment devenir de meilleur-es allié-es ?

En permettant aux personnes concernées en premier lieu par les violences étatiques et sociétales de s’exprimer, et en apprenant à s’effacer pour leur accorder de la visibilité, nous pouvons espérer tendre vers une convergence des luttes. Il est naïf de penser que nous pourrons rassembler tout le monde derrière la bannière écologique tout en niant les différentes formes d’oppressions.

Il faut convenir dès lors d’une solidarité du mouvement écolo contre une violence étatique et sociétale, qui est à la fois raciste et misogyne : raciste car elle ostracise tout une catégorie de la population à la base de ses ratiques religieuses assumées, misogyne car elle se croit permise de dévoiler, de déshabiller de force les femmes déshumanisées racialement.

Comment soutenir concrètement ces luttes menées par les opprimé-e-s en personne ? On peut commencer par apporter son aide aux collectifs en lutte contre le racisme et l’islamophobie, par exemple en assurant des tâches d’auxiliaires ou en mettant en avant leur discours sans prendre une place qui les invisibilise ou qui nous met en avant.

Être de meilleur-es allié-es, c’est donc d’une part faire le travail de relais. C’est dire ce que l’on apprend de nos camarades luttant contre les oppressions qu’elles et ils subissent et de diffuser cette parole aux personnes qui ne l’entendent pas, et vis-à-vis desquelles les personnes oppressées sont fatiguées de faire sans cesse de la pédagogie, alors qu’il y a d’autres combat à mener. C’est déconstruire des discours stigmatisants qu’on entend, surtout lorsqu’ils proviennent de notre entourage.

C’est de consulter directement les pages des collectifs tels que La vérité pour Adama, Collectif La Chapelle Debout ou encore des Gilets Noirs en lutte et à vous nourrir sur le sujet du racisme d’Etat.

C’est d’écouter les femmes musulmanes au sujet des violences qu’elles subissent. C’est finalement aller manifester à leurs côtés et d’être plus présent-e-s lors des actions qu’elles mènent.

Voilà pourquoi nous réitérons notre appel à aller manifester le 10 novembre pour offrir un soutien concret et non-négociable à tou-te-s celles et ceux qui subissent en premier-es toutes les violences institutionnelles, contre lesquelles nous nous révoltons.


4 Messages

  • Racisme, islamophobie, patriarcat, répressions policières..., ces violences institutionnelles concernent l’écologie aussi Le 11 novembre à 11:27, par Etienne Maillet

    Plus je relis ce texte, plus je trouve le propos nauséabond. Ca a commencé comme ça dans les années 20. Ricochets a une charte qui proscrit le racisme et le sexisme : ici, nous passons les bornes

    Répondre à ce message

    • Racisme, islamophobie, patriarcat, répressions policières..., ces violences institutionnelles concernent l’écologie aussi Le 11 novembre à 11:58, par simon

      si ce texte déroge à la charte, pourquoi l’avez vous laissé diffuser ? Vous êtes trop cultivé pour savoir que l’Histoire ne se refait pas.Que signifie cette référence aux années 20. A ce moment moi je fais référence aux années 36/39 - guerre d Espagne- où il me semble que l’église catholique a bien tenu son rôle auprès des franquistes et aux supplétifs marocains( musulmans) qui ont commis des atrocités contre les civils -durée de vie moyenne pour une femme tombée entre leurs mains = 2 heures -
      Pourquoi parlez vous de racisme , je suis sûr que j’ai côtoyé et aidé plus de magrébins que vous et j’ai vu monter chez ce public l’intégrisme religieux jusqu’à ajuster ( et augmenter) les heures de pauses aux horaires des prières et transformer le vestiaires en salle de prière exclusive. Je ne suis pas raciste , je suis athée et libre penseur. Vous ne me culpabiliserez pas.

      Répondre à ce message

  • Racisme, islamophobie, patriarcat, répressions policières..., ces violences institutionnelles concernent l’écologie aussi Le 10 novembre à 13:17, par simon

    L O L, comme d’habitude dans ce canard, on s’autoenfume dans une phraséologie laborieuse = s’il y a une religion particulièrement patriarcale c’est bien l’islam de terrain, renseignez vous un peu sur les pratiques dans les pays d’islam assumé. Et vous , sans vergogne intellectuelle vous clamez simultanément : « non à l’islamophobie , non au patriarcat etc... »
    Nos pères et oncles sont morts ou ont souffert pour avoir dit, écrit et chanté :
    ni dios ni amo
    ni dieu ni maitre
    ni jesus ni maitre
    ni bouddah, ni mahometh, ni zoroastre qui ne sont que des idéologies complices des puissants exploiteurs et massacreurs. L’actualité vous en donne des exemples tous les jours. (rohingas musulmans massacrés par les bouddhistes - musulmans et hindouistes en guerres permanentes- chrétiens d’Afrique en guerre intestines avec d’autres confessions au gré des ethnies- musulmans chiites contre musulmans sunnites, etc...
    Oui je sui théophobe !

    Répondre à ce message

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