PLU de Crest : il ignore les enjeux écologiques, climatiques ...et sociaux

Des jolies phrases, mais toujours pas de changement de cap !

par Camille Pierrette.
Mis à jour le jeudi 20 juin 2019

Depuis 2015, une procédure de révision du Plan Local d’Urbanisme est actuellement engagée par la Ville de Crest.

Comme d’habitude, avec la municipalité Mariton (et la quasi totalité des autres d’ailleurs, sauf par ex Saillans), les habitants sont juste consultés pour exprimer des avis de temps en temps lors d’enquêtes publiques. Ensuite la mairie dispose selon son bon vouloir et décide en fait ce qu’elle avait déjà décidé avant la « consultation ».

- Vous trouverez quelques avis d’habitants sur le PLU de Crest, assez critiques, sur un forum internet.

Avec ce PLU et cette politique urbanistique, on est bien loin de prendre en question les catastrophes climatiques et écologiques en cours.

De nouvelles zones semblent destinées à la bétonisation, et les mêmes types de « projets » sont annoncés : lotissements en béton et goudron, maisons individuelles, zones artisanales, etc.
Quelques bricoles, une piste cyclable là, un bout d’espace vert là, servent à faire de la com, pas à changer la donne.
Les blablas et les jolies déclarations servent la com et de paravent pour coller théoriquement à la légalité, mais on est loin des changements radicaux pourtant indispensables.
Quand est-ce que les habitants vont accepter de prendre conscience des catastrophes en cours, et surtout vont agir collectivement pour changer radicalement de société ?!

- J’ai apporté aussi ma modeste contribution, la voici :

1. Sur la façon dont la municipalité procède :

Hélas les habitants sont juste consultés, il n’y a aucun dispositif pour participer activement à la réflexion collective et aux prises de décision.
Comme d’habitude on est réduit à donner nos opinions dans des dispositifs consultatifs, et ensuite les autorités décident seules de faire ce qu’elles ont envie et de comment elles ont envie de le faire. Une bien triste et étroite vision et pratique de la démocratie...
C’est pourquoi je ne perdrai pas de temps à faire des analyses de détail.

2. Le PLU au regard des catastrophes climatiques et écologiques en cours :

Comme presque partout en France, on observe une contradiction entre deux objectifs opposés :

  • d’une part le souci affiché de limiter les émissions de gaz à effet de stopper les destructions de la biodiversité et des terres agricoles
  • d’autre part la volonté partout affirmé de poursuivre le développement, la croissance, l’urbanisation, etc.
climat, écologie et biodiversité sont en réalité sacrifiés à l’autel du développement économique

Dans la pratique on observe presque toujours que climat, écologie et biodiversité sont en réalité sacrifiés à l’autel du développement économique.

Et Crest ne fait pas exception. Les documents mettent en avant l’environnement, la rivière, la biodiversité, mais en réalité, on voit qu’il s’agit juste de limiter un peu la casse en accroissant le tourisme, l’urbanisation, l’étalement, les aberrations multiples.
Exemples : agrandissement du camping, urbanisation de zones inondables, agrandissement des zones artisanales et construction de nouvelles, de nouveaux lotissements, de nouvelles maisons individuelles sur la moindre parcelle non construite, etc.

Les autorités et les textes ont beau tenter, sincèrement ou non, de prendre certaines précautions, le même système continue dans la pratique, un système qui détruit le climat et les restes de zones vivantes, sauvages, naturelles, non bétonnées.
A Crest, en bas des Sétérées, on voit un lotissement de maisons individuelles, puis un 2e, puis un 3e, qui font suite aux précédents. Ce qui entraîne des bassins de rétention d’eau en plastique, des grillages et murs en béton supplémentaires.
Rive gauche après l’hôpital, on voit aussi des lotissements de maisons en béton entourées de goudron s’implanter au bord de la Drôme, et on nous en promet d’autres à Mazorel.

La mairie laisse carte blanche à des promoteurs de poursuivre la même politique rentable

La mairie laisse carte blanche à des promoteurs de poursuivre la même politique, rentable pour certains, de constructions de zones mortes, pour la vie comme pour les habitants.
Les périphéries s’étalent, pratiquement sans voies de circulation vélo/piétons, sans services de base à proximité, sans lieux collectifs de vie (places, parcs, salles collectives...), il n’y a pratiquement que des espaces privés, ce sont des lieux morts et inhospitaliers où les habitants vont et viennent en voiture pour se rendre aux centres commerciaux de Crest ou d’ailleurs.

un urbanisme chaotique et inhumain

Cet urbanisme chaotique et inhumain reflète et encourage l’hyper individualisme et le retrait chez soi au lieu d’encourager et faciliter la vie sociale.
Cet étalement de maisons individuelles et de lotissements est une catastrophe écologique, mais aussi sociale. (divers auteurs ont analysé et critiqué tout ça depuis longtemps et mieux que moi)

Les zones artisanales s’étendent au lieu d’occuper des bâtiments vides et abandonnés. Et s’agit-il toujours d’activités locales, utiles et compatibles avec les exigences écologiques et climatiques ? Ou d’activités qui participent à la course à la Croissance, générant toujours plus de camions, de routes, de matières premières, de pollutions ?
Est-il raisonnable d’attirer trop de monde à Crest ? avec le risque de créer une ville trop grande et étalée, qui perdrait son caractère intéressant de ville à taille humaine.

De plus, le territoire ayant été marqué durant des dizaines d’années par ce type d’urbanisme « anti-humain » et « anti-nature », même avec une bonne volonté déterminée, il serait difficile à présent d’imprimer une autre direction (sans parler des lois et directives venues d’en haut qui l’entraveraient).

Quelques pistes à creuser

Malgré tout, voici quelques pistes (à creuser) pour faire autrement qui bien sûr ne seront pas retenues car les choix et documents sont déjà complètement ficelés et parce qu’elles ne correspondent pas aux mentalités et intérêts dominants (en plus certaines dépassent le cadre du PLU, mais tout est lié) :

des produits de qualité et locaux, accessibles aussi aux pauvres
  • arrêter l’extension de zones artisanales, ne pas en construire de nouvelles. Utiliser les bâtiments vides existants pour des activités compatibles avec l’écologie et la protection du climat. (par exemple, l’autorisation de l’implantation du magasin Action est une aberration)
  • multiplier l’incitation à créer des coopératives (au minimum aux normes de l’ESS), des structures à but non lucratif, des services co-gérés avec des habitants (SCIC), etc.
  • au lieu des lotissements et maisons individuelles (il y a en déjà de trop), promouvoir divers habitats collectifs (grosses maisons, petits immeubles) : HLM, coopératives d’habitants, habitats groupés... Outre les questions écologiques et de moindre consommation énergétique, les habitats collectifs sont mieux adaptées aux populations qui changent de lieu et aux nombreuses personnes seules et familles monoparentales. Des petits immeubles (bioclimatiques de préférence) permettent plus d’espaces naturels/verts/jardins/potages et pour plus de densité d’habitants que des lotissements et villas individuelles.
  • au lieu du béton et du goudron : favoriser des logements « bioclimatiques » en bois, terre, paille
  • multiplier partout voies cyclables et piétons, agrandir les zones piétonnes, développer les transports en commun, proposer divers véhicules partagées via une structure non commerciale (co-gérée par la municipalité)
  • au lieu de boucher la moindre « dent creuse » par des villas et mini maisons individuelles sur des mini terrains, plutôt créer des espaces de respirations, pour les humains et la nature : mini-parcs, zones « sauvages », arbres fruitiers, zone de compostage, aire de jeux, etc.
  • diminuer partout les surfaces de parking, désinperméabiliser des parkings et des voies
  • au lieu de laisser faire des promoteurs, que la municipalité participe aux projets immobiliers, et les habitants aussi.
  • au lieu de laisser faire la gentrification (augmentation des prix et remplacement progressif des habitants pauvres par des plus riches) : prendre le contrôle d’un maximum de bâti et de foncier, favoriser les structures à but non lucratif ayant les mêmes objectifs. Objectif : baisse des prix immobilier et maintien d’une grande diversité sociale, où les pauvres restent présents, et dans des espaces de vie de qualité
  • créer une première ferme municipale (et plusieurs ensuite), pour nourrir les élèves des établissements scolaires, puis tous les établissements publics, puis une part de la population, voir exemple de Mouans Sartoux
  • en lien avec des structures non commerciales, organiser la rénovation des logements anciens (isolation, confort)
  • exproprier les propriétaires de bâtiments abandonnés de longue date, et les garder dans le giron municipale ou pour des organismes à but non lucratif (fond de dotation, fondations)
  • empêcher toute nouvelle grand surface
  • créer ou susciter divers petits magasins coopératifs (si possible sans emballages) et écologiques avec des produits de qualité et au maximum locaux, à bas prix accessibles aussi aux pauvres
  • favoriser la production locale de nourriture et d’objets de qualité et pas chers, en « louant » des terres et bâtiments à bas prix aux producteurs, et en leur fournissant un marché et des créneaux de distribution adaptés.

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