La vie plus forte que la peur

par jemepeux.
Mis à jour le lundi 24 avril 2017

À mon avis, voter ou non, est-ce bien là tout le problème ? Ce serait comme ne regarder et ne s’intéresser qu’à la partie visible d’un iceberg en perdition. Ce geste d’un bord ou de l’autre serait-il la seule alternative et le seul remède guérisseur face à un système fou, corrompu et à bout de souffle ? Car il faut bien le dire quand même, derrière tout ça dans nos sociétés, avec juste raison les pauvres en ont marre d’être pauvres, et on ne peut pas s’étonner des dérives en tous genres qui en découlent, et qui poussées au bout de la chaîne forgent inévitablement des cœurs durs, partout la violence, le totalitarisme et le terrorisme par conséquence.

Mais si plus profondément cette crise actuelle planétaire, politique, écologique, économique et sociale que personne ne peut plus ignorer, était une sirène d’alarme, surement une chance même, interpellant et venant chercher l’homme d’aujourd’hui à reconsidérer sa responsabilité globale et les conditions de son existence sur terre ? Le monde est à la dérive à l’extérieur et à l’intérieur en nous-mêmes nos vies sont tourmentées. La vie qui nous traverse depuis 15 milliards d’années et qui a produit patiemment l’espèce la plus évoluée, l’homme, réclame de notre part de nouvelles solutions, une évolution inéluctable des consciences puisqu’à l’extérieur pratiquement tout est accompli. Ce nouvel enjeu est d’abord celui de sociétés occidentales évoluées comme les nôtres.

L’empreinte politique dont on a besoin aujourd’hui devrait s’inspirer de sagesse, se tourner vers une remise en question fondamentale et individuelle, chercher une révolution intérieure partant de soi, pour gagner la paix et la justice en soi d’abord.

La vie dans son courant perpétuel a horreur du vide. On observe que ce qui n’est pas utile et n’évolue pas disparaît et meurt, c’est une loi de la vie. Pourquoi en serait-il différemment pour l’homme s’il ne grandissait pas ? À part les pays pas encore au niveau de l’Occident - mais ça ne va pas tarder - il n’y a qu’à voir la Chine, l’Inde, le Brésil… L’homme occidental forgé dans la dualité de nos sociétés modernes est au bout du progrès d’un système de pensées égotiques largement éprouvées et dépassées.

L’homme n’est-il pas maintenant acculé à un rendez-vous imminent d’une évolution des consciences ? Maintenant qu’il a conquis et construit le monde extérieur, ne devrait-il pas commencer à s’intéresser à son intériorité ? Tous les paradigmes précédant l’ayant amené là où il est aujourd’hui, et c’est bien, c’était l’évolution normale et à temps d’un ego qui se construit et s’accomplit. Mais aujourd’hui cet ego accompli est devenu pathologique d’un toujours plus sans égard pour la vie et ce qui la représente (nous-mêmes), puisqu’il produit misère et désolation. Si cet homme ne prenait pas désormais sa vie en mains d’une autre manière il est fort probable que cette civilisation dégénérescente s’effondre à plus ou moins long terme complètement sur elle-même (ça c’est déjà vu).
L’empreinte politique dont on a besoin aujourd’hui devrait s’inspirer de sagesse, se tourner vers une remise en question fondamentale et individuelle, chercher une révolution intérieure partant de soi, pour gagner la paix et la justice en soi d’abord. La sagesse de tout bord nous le dit, l’homme devra passer par une évolution des consciences ou chacun n’aura de cesse de se sentir responsable de la qualité de vie qu’il souhaite pour lui-même et son voisin. Un cœur en paix est libre, juste et ne peut pas faire la guerre à son voisin. Finis les différences raciales, ethniques, religieuses, l’exploitation de l’homme par l’homme, nous sommes habitants et citoyens du monde, plus de parti pris dans la quête illusoire du plus fort, du plus riche… l’évolution demandée va plus loin vers une humanité tolérante, un vivre ensemble qui partage dedans (aider son prochain à être et vivre mieux) et dehors (partager les objets avec le souci d’une économie respectueuse de la terre).
Seule la vie compte et la vie est UNE et indivisible, elle nous traverse, nous n’en sommes pas propriétaire, nous sommes garant et responsable de son intégrité, sinon tôt ou tard elle continuera son chemin mais sans nous.

Devoir encore discuter et se battre pour chercher à « gagner dignement sa vie » pour certains alors que d’autres ont tout, montre bien les clivages, l’injustice, la construction archaïque d’une humanité encore dans le pire de l’homme et qui a perdu tout bon sens.
Œuvrer pour l’essence même du vivant, ce n’est pas vouloir changer l’autre à tout prix et le mettre à sa botte, c’est viser un monde pluriel harmonieux et juste s’inspirant de paix et d’amour. Il y a tant de belles choses dans ce sens. Cela devrait être la préoccupation première qui surpassera de fait toutes les divisions courantes. Le reste comme tentatives vaines risque bien de n’être qu’aménagement artificiel et mensonges enrobés d’éclats débouchant sur toujours plus d’illusion et de malheur.

Comme source d’espoir vers un monde nouveau juste à côté (c’est-à-dire pas en dehors du monde), il pourrait être important de commencer à mettre de l’ordre en soi, se mettre propre dedans, dans son fond intérieur, installer la paix dans sa poitrine en déjouant nos propres petites guerres intérieures, nos agacements quotidiens. Tout commence là, dedans (c’est l’effet papillon réversible).
Une première paix mondiale est possible dès maintenant, en chacun de nous, elle réclame notre décision et commence dans nos poitrines. Elle ne fait pas de bruit, elle est tout-à-fait ordinaire, à la portée de tout le monde, par ricochet elle règle tous les conflits dehors puisque « cela commence par moi dedans d’abord ».
On voit bien que ce nouveau monde se cherche déjà à travers ce que l’on appelle la spiritualité, qui n’est rien d’autre que l’expression de la vie qui cherche à se dépasser pour évoluer. Passant par l’homme c’est un appel à un retournement sur soi, par la présence à soi, la connaissance de « qui je suis en vérité », nous conviant au cœur de l’expérience spirituelle dans l’intimité de nos comportements quotidiens, afin de les comprendre et de les dépasser, cela s’apprend. Ce dépassement est toujours synonyme de communion et d’ouverture.
La conscience progressive d’un dépassement de l’homme vers un nouvel Homme commence par le dépassement de nos petits conflits intérieurs. Alors la paix, l’amour, la justice, la joie d’exister et de partager, ce que nous cherchons tous vraiment auront toutes chances d’exister durablement. Il suffit d’un peu de foi et de s’y mettre, la paix ne viendra pas de l’extérieur. Qu’est-ce qu’on risque d’essayer !


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