La transition vers le bio fragilisée

Les aides à la conversion vers l’agriculture bio sont menacées

par consciuslibera.
Mis à jour le samedi 29 juillet 2017

Alors que se tenaient fin juillet, les Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), le Ministre de l’Agriculture, Stéphane TRAVERT, annonce qu’aucun budget ne sera attribué aux conversions vers l’agriculture biologique.

Décision tout à fait contradictoire avec l’annonce faite par le gouvernement qui affichait « l’ambition d’engager la transition écologique de l’agriculture française ».

Les éléments de comm’ allant d’annonces du candidat En Marche avec ses « 50% de produits biologiques » dans la restauration collective, de publications Facebook d’un Emmanuel Macron à la rencontre des agriculteurs ayant fait leur bascule vers le bio, à la nomination fracassante de Nicolas Hulot en tant que Ministre d’Etat ... ressemblent bien à de la poudre aux yeux.

La FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) dénonce, dans un communiqué de presse, l’attribution d’un montant reconnu comme largement insuffisant pour les acteurs du monde agricole, et « un manque criant de courage face à l’agro-industrie et l’agro-chimie », de la part du gouvernement.

En effet alors que la réglementation européenne octroie aux Etats membres la possibilité de transférer jusqu’à 15 % du budget du 1er pilier vers le 2nd pilier de la PAC, le gouvernement a décidé le transfert de seulement 4.2% pour financier à la fois les ICHN (indemnités compensatrices des handicaps naturels), les MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques) ainsi que les aides à la conversion et au maintien bio. La FNAB et les ONG estimaient, elles, que pour mener une véritable transition écologique, un fléchage à 3% uniquement à destination les aides à la conversion et au maintien bio était nécessaire.

Signal peu encourageant pour les agriculteurs prêts à sauter le pas de la conversion à l’agriculture biologique.

Le gouvernement semble également être passé à côté d’un discours fort engagé de la part d’Emmanuel Faber, CEO du Groupe Danone, lors du au Consumer Goods Forum 2017, début juillet. Ce discours, empreint d’humilité mais surtout annonciateur du devenir de agro-industrie et de l’agro-chimie.

Voir en ligne : Discours d’Emmanuel Faber au Consumer Goods Forum 2017


1 Message

  • La transition vers le bio fragilisée Le 30 juillet à 22:44, par Etienne Maillet

    Le discours de M. E. Faber est à prendre avec des pincettes.

    Les dirigeants des multinationales ont l’art de faire passer des vessies pour des lanternes, l’art d’apparaître comme des philanthropes, en parole du moins, car en acte, tout le contraire est vrai. Ils pensent propre pour agir sale.

    Premier point : l’actuelle ministre du travail, gagnant un million d’Euros grâce à une action dopée par le licenciement de 900 personnes, était directrice des relations humaines de Danone.

    Deuxième point : certes, M. Riboud, fondateur du groupe, a souhaité que ses employés ne travaillassent que 32 heures. 32 heures d’exploitation plutôt que 35, 40, ou 60, font-elles de Danone une entreprise philanthropique ? Le Round-up dans un emballage vert devient-il bio ?

    Second point (bis) : M. Faber fait référence au micro-crédit qui aurait permis de créer de micro-entreprises au Bengla Desh, fournissant du yaourt aux marchés locaux. Il y a de quoi se tordre de rire. Vers la fin des années 80, je résidais en Chine. On trouvait alors partout de délicieux yaourts produits par des centaines de laiterie, vendus dans des ports de terre consignés. Da neng (transcription de Danone) est alors arrivé sur le marché chinois. En quelques années ces excellents yaourts ont disparu, remplacés par la daube fade et monotone de Danone, vendue en pots de verre. Avec le goût ont aussi disparu les emplois.

    Troisième point : derrière le développement de fermes industrielles, telle la ferme des mille vaches, ce sont bien des industriels ou coopératives françaises qui sont à la manœuvre, à l’opposé diamétral de ce que devrait être l’agriculture biologique.

    L’agriculture biologique est une nécessité : les rendements de l’agriculture chimique s’effondrent partout dans le monde, sans compter les énormes dégâts environnementaux et sanitaires dont elle est responsable. Mais il ne s’agit pas pour autant de confondre avocat et margoulin, sincérité et langue de bois.

    Etienne Maillet

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
  • [Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Documents joints

  • (PDF – 323 ko)
Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Bouteilles à la rivière | Articles | Thèmes | Contact | Rechercher | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0
Médial local d'information et d'expression libre, journal indépendant et participatif pour la vallée de la Drôme & co :
Crest, Saillans, Die, Vercheny, Grane, Eurre, Loriol, Livron, Aouste sur Sye, Mirabel et Blacons, Piegros la Clastre, Beaufort sur Gervanne, Allex, Divajeu, Saou, Suze, Upie, Pontaix, Barsac, St Benois en Diois, Aurel...
Vous avez le droit de reproduire les contenus de ce site à condition de citer la source et qu'il s'agisse d'utilisations non-commerciales
Copyleft