Gilets jaunes - Revue de presse du 11-12-13 février

Assemblée des assemblées, retours sur Acte XIII, hauts fonctionnaires surpayés, le mensonge du progrès, fuites radioactives à Cruas...

par Auteurs divers.
Mis à jour le mercredi 13 février 2019

Articles, images et vidéos autour du soulèvement des gilets jaunes. Cette page sera mise à jour au fur et à mesure les 11-12-13 février.

Manifestations et actions

# L’assemblée des assemblées
Nous avons le plaisir de vous annoncer les dates de la prochaine Assemblée des assemblées : elle aura lieu à Saint-Nazaire les 5, 6 et 7 avril 2019 !
Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire en écrivant à : inscriptionassemblee riseup.net

https://www.youtube.com/watch?v=LkYax8KJGnQ
Boues rouges déposées à Paris devant le ministère
  • Grève lycéenne et étudiante pour l’environnement - Suite à l’AG écolo de vendredi dernier, les étudiant-e-s réuni-e-s ont choisi de se mettre en grève dès vendredi 15 février !
    À quoi bon étudier si c’est pour vivre ensuite dans un monde ravagé par la pollution ? À quoi bon écouter les professeur.e.s si les dirigeant.e.s n’écoutent pas les scientifiques ?
    Grève systématique, tous les vendredis.
  • Manifeste de la jeunesse pour le climat - À la suite du mouvement enclenché en Suède, en Belgique, en Australie et en Suisse, des étudiants français annoncent que la première grève pour le climat aura lieu vendredi et se répétera toutes les semaines. Affichant la solidarité avec les Gilets jaunes, ils donnent des devoirs à faire au gouvernement
    A ceux qui s’appliquent à détruire ce monde et prétendent faire preuve de « pédagogie », nous entendons donner une leçon : chaque vendredi, nous présenterons une revendication impérative afin d’éviter le désastre écologique. Vous, dirigeants et dirigeantes aurez des devoirs à faire, et nous donnerons une semaine à l’État pour mettre en place notre proposition. Si ces devoirs ne sont pas rendus avant le vendredi suivant, vous serez sanctionnés : nous entrerons en résistance, car face à l’inaction politique la seule solution est la désobéissance civile. Soyez prêt.e.s pour l’examen du 15 mars. En parallèle, nous présenterons des alternatives citoyennes allant dans le sens de ces propositions et les mettrons en pratique.
    Soyons le plus nombreu.se.x possible afin de montrer aux dirigeant.e.s que nous n’acceptons plus ce système destructeur de l’environnement. Portons collectivement ce combat jusqu’à ce que cesse l’inaction politique face au dérèglement climatique.
    Chaque samedi, nous vous invitons à rejoindre les Gilets jaunes dans leurs manifestations contre ce système qui ravage l’environnement. Vendredi vert, samedi jaune...
    Nous sommes tou.te.s concerné.e.s par cette mobilisation : nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend !
La civilisation industrielle détruit la planète, organisons-nous et résistons !
  • Assemblée Générale et Manifestation étudiante mardi 12 février - Contre la casse de l’Université, la sélection, l’augmentation des frais d’inscription, la dévaluation de nos diplômes, et l’intervention de la police au sein de nos universités ; pour une fac ouverte à tou.tes, gratuite, critique et populaire : Assemblée Générale et Manifestation ce mardi 12 février.
  • À Valence, des lycéens se bougent chaque mercredi pour le climat - "Pour le climat, on fait quoi ?" Derrière cette banderole, des lycéens de Camille Vernet, à Valence, prennent position en faveur de l’écologie. Ils lancent le débat dans leur lycée, mais espèrent se faire entendre de bien plus de monde.
Différences entre fascistes et antifascistes

#ActeXIII : Les #GiletsJaunes sont de retour dans les beaux quartiers parisiens !
Le cortège très déterminé, rassemblant plus de 10 000 Gilets Jaunes, a laissé des traces sur son passage. De nombreuses banques ont payé le prix des agios volés. Des affrontements ont éclaté devant l’assemblée nationale, puis le Sénat. La "Nouvelle Librairie", repère de l’extrême droite, a aussi été visée. Des voitures de luxe ont définitivement été empêchées de poluer. Ces cibles sont des revendications !
En arrivant aux Invalides, le cortège a su éviter la nasse finale en s’engouffrant massivement dans la rue du Cherche Midi ! Une énorme manif sauvage a ensuite traversé la rive gauche, poursuivant son travail de sape, se divisant en plusieurs cortèges vers Pasteur, Kléber, Tour Eiffel et Trocadéro. Une journée très offensive au final, avec grand contournement d’un parcours déclaré au départ.
Plusieurs blessés ont subi la répression d’un dispositif policier qui cherchait le contact permanent. Ils sont incapables d’étouffer la contestation, mais continuent de mutiler !

La boucherie de la brute Castaner, un gouvernement de malades mentaux...

9 FÉVRIER, ACTE 13 : L’INSURRECTION QUI TIENT

2000 manifestants à Nantes, des barricades à la Roche-sur-Yon

Cela fait déjà 13 semaines qu’inlassablement, quelles que soient les conditions météo, malgré la répression et les campagnes médiatiques hostiles, des dizaines de milliers de personnes prennent les rues chaque samedi. Contre l’injustice sociale, contre le mépris des puissants, contre Macron et le monde qu’il incarne. Localement, les deux places fortes de l’Acte 13 se trouvaient à Nantes et à La Roche-sur-Yon.

A Nantes, le cortège met du temps à démarrer en début d’après-midi. La foule semble moins nombreuse, moins dynamique. Difficile de dire si cette lassitude vient de l’appel régional à se déplacer en Vendée ou à la succession de manifestations très sévèrement réprimées. Il faut dire que Nantes est le théâtre d’expérimentations répressives depuis des années. Malgré tout, peu à peu, la manifestation de quelques centaines de personnes va gonfler dans les rues, au point d’atteindre 2000 participants au plus fort. Mais le dispositif policier laisse peu de place à l’improvisation, et dès le Cours Saint-Pierre, les premières grenades sont tirées. Une tentative de monter vers la rue du Calvaire est à nouveau repoussée par des salves de gaz. Après un premier tour sur les grands axes, sous escorte rapprochée, le cortège se dirige à nouveau vers la Préfecture où une souricière est organisée par les forces de l’ordre, très nombreuses. Fait inédit et assez inquiétant, il suffit que la gendarmerie lance des sommations pour que les premiers rangs se mettent à refluer. La cohésion et la confiance des manifestants semble faire défaut, face à la disproportion des forces en présence.

Mais l’après-midi n’est pas finie. Des affrontements ont lieu sur le Cours des 50 Otages. Les rares vitrines de banques encore intactes sont esquintées. Beaucoup de tags fleurissent sur les murs. Et comme souvent sur cette avenue, la police s’adonne à son sport favori : le stand de tir. Des dizaines et des dizaines de grenades pleuvent sur le cours, y compris dans les cafés et sur les toits des immeubles. Le sol est jonché de munitions. Des poubelles sont enflammées. Une partie du cortège parvient à monter vers les rues commerçantes, alors qu’une autre, de quelques centaines de personnes, arrive à se faufiler jusqu’à la Place Graslin. Les charges de la BAC, épaulées par des groupes paramilitaires de la BRI, habillés en ninja, sont très violentes. Des explosions, des coups et des blessés pour voler une simple banderole.

Lors d’une charge, une cartouche bleue, de type chevrotine, est retrouvée au sol sur le Cours des 50 Otages Elle a malheureusement été remise à la police par un manifestant sans avoir pu être expertisée. Nous sommes intéressés par tout témoignage ou photo pouvant documenter cette découverte inquiétante.

La composition de la foule évolue, il y a de plus en plus de très jeunes venus des quartiers, qui sont les cibles privilégiées de la police. Après une longue période de flottement, une nouvelle banderole apparaît, et remet en mouvement un petit cortège dans les rues de Bouffay, avec une beaucoup plus grande d’énergie qu’en début d’après-midi. Les slogans anticapitalistes résonnent dans les ruelles. Mais c’est la chasse à l’homme, et à nouveau, la banderole est volée, et plusieurs manifestants arrêtés. Une jeune femme crie ses droits à un manifestant interpellé. Un policier lui répond « viens sucer ma queue salope ! », puis sort sa matraque et la menace. Les rues retrouvent leur calme. Encore une fois, la manifestation aura duré des heures, jusqu’à la nuit, mais sans parvenir à mettre en échec les pièges posés par la répression, faute de solidarité et de détermination collective.

Au même moment, les rues de La Roche-sur-Yon connaissent une mobilisation inédite. Pendant toute la semaine, la presse et les élus locaux ont mené une campagne basée sur la peur et la dissuasion. Cela n’a pas marché, car 2000 personnes de tout l’Ouest marchent dans la ville vendéenne fondée par Napoléon. Après une première partie plutôt calme, les rues se couvrent de barricades et se remplissent de lacrymogène. Des manifestants font fuir plusieurs fois les voitures de la BAC. Plusieurs symboles du capitalisme sont ciblés : des banques ont leurs vitres brisées. Les rues de la Roche n’ont probablement pas connu de telles scènes depuis très longtemps. Un tag sur un mur : « gravé dans La Roche ».

Ce samedi 9 février confirme encore une fois que le mouvement est profondément enraciné. Qu’il refuse, semaine après semaine de se laisser bâillonner. Mais il manque encore l’étincelle et l’intelligence collective de dépasser les affrontements rituels, et leur scénario écrit d’avance par le gouvernement.
Soyons l’étincelle !

# La Roche-sur-Yon : succès des manifs régionales dans l’Ouest - La contagion d’un esprit nantais ? - Dans plusieurs régions de France, le mouvement des Gilets Jaunes a pris une forme originale : chaque semaine, une ville, moyenne ou grande, acueille la manifestation du samedi. On a ainsi vu, dans le sud-est, 1500 personnes manifester à Forcalquier, sous-préfecture des Alpes-de-Haute-Provence (5000 habitants) et tenter d’approcher la maison de Christophe Castaner. La semaine suivante, plusieurs millers de personnes se sont rendues à Manosque (04) : à chaque fois, le déplacement régional est un événement historique pour la ville en question. En terme de nombre de manifestants mais surtout en en terme de rapport de force : pour la première fois dans ces villes plutôt calmes, des affrontements ont lieu avec la police et personne ne peut ignorer la force du conflit qui se joue. Dans l’Ouest, il semblerait que ces manifestations régionales aient particulièrement bien fonctionné, en témoigne l’Acte XIII à La Roche-sur-Yon, samedi dernier, sur lequel revient cet article.

# Pour une mythopoétique de l’émeute - « Et si on supposait que le bricolage effectué à partir du mobilier urbain lors d’émeutes, l’inventivité dont il fait alors preuve, touchait, de près ou de loin, à la fois à l’action politique et à la création artistique ? »

Voilà une banque qui se tient sage !

# DES STREETMEDICS DE ROUEN S’EXPRIMENT
Intervenir en manifestation, auprès des militant.e.s, des manifestant.e.s est un acte engagé et politique. On ne peut s’organiser face à la violence de la répression de l’État, face aux violences policières sans prendre position. De part leur histoire dans les luttes, des manifestations des villes à la ZAD, de l’infirmerie de nuit debout aux contres sommets internationaux, les streetmedics sont de toutes les insurrections, de toutes les alternatives.

Nous sommes là pour permettre aux blessé.e.s d’avoir des premiers soins, ou des soins complets en dehors du système de santé classique, dont nous dénonçons la violence. Les streetmédics sont auto-organisés. Il n’y a pas de diplômes, de règles, de formations pour devenir streetmédics. Il y a une posture, et un acte militant.

Il y a le respect de chaque, dans son genre, sa croyance, son origine, sa pratique de la lutte, son histoire et son vécu. Il y a la recherche constante du consentement, le respect, la bienveillance. Les streetmédics s’organisent face aux violences policières, la répression, les armes de la police, que nous dénonçons et combattons.
Les streetmédics ne sont pas policier.e.s, juges, moralisatrice.eurs ou arbitre des manifestations. Nous ne séparons pas les manifestant.e.s aux pratiques différentes, nous ne permettons pas aux fascistes de fuir, nous ne sommes pas les auxiliaires de la police, de la gendarmerie, des pompiers ou des associations de secourisme. Nous ne sommes pas l’émergence d’un nouveau type de secours organisés. Nous acceptons les pratiques des manifestant.e.s, des gilets jaunes.
La neutralité exprimée par certains groupes, se réclamant apolitique, apartisan, universaliste… est gênante. Elle gène nos actions car elle est prosélytique. Si certains groupes pensent que leurs actions sont apolitiques et neutres soit. Mais qu’ils imposent leurs points de vues, leurs idées à l’ensemble des streetmédics est dangereux, et qu’ils dépassent le cadre du soin en s’interposant, et empêchant certaines pratiques militantes est problématique. Si ces groupes continuent comme ça, nous ne pouvons pas garantir leurs bienvenues dans les cortèges. Par leurs actions, c’est tous les streetmédics qui sont mis en danger.

Quelles sont nos responsabilités dans l’émergence de ses groupes ?

Nous avons décider de créer la collectif Streetmédics formation pour répondre à une demande urgente des gilets jaunes, des manifestant.e.s souvent hors réseaux militants, qui se prenaient la violence de la répression étatique. Au cours de nos formations, de nos temps d’échanges nous n’avons cessé de partager les positions décrites précédemment, la posture à prendre, le respect de chacune et de chacun. Nous n’avons cessé de mettre en garde celleux qui voulaient transposer le fonctionnement des pompiers ou des associations de secourisme en manifestation, en les avertissant des conséquences qu’ielles pouvaient provoquer. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant, ou nous devons défendre nos pratiques, pour garder un cadre safe dans nos luttes.
Le collectif streetmédics formation réaffirme son positionnement affinitaire, anti-sexiste, antivalidiste, antiraciste et anticapitaliste.
Des médics

# GILETS JAUNES : COMMENT PASSER UN CAP ?
En plus du mépris, le ministère de l’Intérieur profère de belles menaces : « S’il n’y avait pas de magasins pillés, de barricades érigées. S’il n’y avait pas de voitures brûlées, de bâtiments publics saccagés. S’il n’y avait pas de projectiles lancés sur les forces de l’ordre. S’il n’y avait pas de policiers et de gendarmes roués de coups. En somme si la loi était respectée, il n’y aurait pas de blessés ». Nous leur répondons : « Si la loi était respectée, il n’y aurait pas de révolution. »
Si ce mouvement a déjà obtenu le moindre résultat, c’est précisément par l’émeute et les blocages, tous deux combinés, chacun le sait. L’émeute spontanée, joyeuse, joueuse et redoutable du 24 novembre et 1er décembre à Paris, ou encore les brefs épisodes locaux du 29 décembre et 5 janvier. Et le blocage effectif des flux, celui qui impacte en millions d’euros la bonne circulation des marchandises. Le pouvoir actuel ne comprend pas d’autre langage. S’il a fait mine de céder et s’il cède à nouveau un jour, c’est par crainte de l’insurrection.
(...)

Analyses et idées

# Nos désirs font désordres - Il n’y a qu’une chose que les puissants ne supportent pas : ne pas pouvoir tout contrôler. Soyons donc incontrôlables.
À Paris, si la plupart des GJ se sont rassemblés sur le lieu de l’unique manifestation déclarée, c’était surtout dans l’optique d’être avec le plus de monde possible, pour rapidement se détourner du parcours prévu par la préfecture. Non pas pour tout casser mais pour reprendre le contrôle de notre mouvement. Pour se retrouver entre nous et décider de façon autonome et collective des actions à mener. Chose devenue impossible dans une manifestation totalement encadrée par la police et par un service d’ordre.
Mais l’essentiel est ailleurs. L’esprit de révolte, de subversion et d’insoumission a traversé cette journée. Et reste bien dans l’ADN du mouvement (il l’était dès les premiers actes d’ailleurs).
Pour les partisans de manif déclarée, on remarquera que le drame de la main arrachée par la grenade de desencerclement a eu lieu pendant la partie « déclarée » de la manif parisienne. Jouer le jeu du pouvoir ne protège donc en rien les manifestants. Au contraire.
Désormais, la question est de savoir comment prolonger et dynamiser cet esprit subversif : comment ne pas l’enfermer dans un rituel hebdomadaire, comment le massifier et comment le rendre dangereux pour le pouvoir
.

# Délibérer n’est pas agir - Au contraire, ce qui s’est expérimenté sur les rond-points, dans les maisons du peuple, c’est l’élaboration commune de décisions concrètes, auxquelles chacun se sent intimement lié car il y a réellement participé. »

# UNE POLITIQUE EXPERIENTIELLE (II) – Les gilets jaunes en tant que « peuple » pensant - Entretien avec le sociologue Michalis Lianos
Depuis le mois de novembre 2018, le sociologue Michalis Lianos est allé à la rencontre de centaines de gilets jaunes afin de recueillir leurs paroles et de tenter d’analyser ce mouvement aussi surprenant que protéiforme. Fin décembre, nous avions publié les premiers résultats de ses recherches sous la forme d’une interview : Une politique expérientielle – Les gilets jaunes en tant que « peuple ». Cette semaine, nous publions ce second entretien. Une mise à jour autant qu’un approfondissement, un travail d’analyse aussi fin que tranchant.

# Horizon - Le mur à abattre ne date pas d’hier. Il nous faut une vision historique, un plan large du combat. Ce qui est le plus dangereux donc le plus important. Parti d’une taxe qui ne passe pas, le soulèvement fluo a pris le large, rien ne vient l’arrêter. Visiblement, le sous-marin jaune n’a pas la marche arrière. Refuser une taxe n’est pas rien. De toujours, ce qu’on appelle le pouvoir peut être ramené à l’extorsion : on prélève des biens (en nature, en argent), on prélève de l’énergie (force de travail, temps de cerveau disponible), à des humains placés sous différents statuts (captifs, prisonniers de guerre, esclaves, colonisés, femmes, travailleurs, consommateurs, élèves, etc). Quand on résiste sérieusement à une forme d’extorsion, tant que dure le combat, on a une chance de découvrir que toutes les formes d’imposition d’une dette sont fondamentalement intolérables. Car la Colère est infinie.
Avec sa douzaine d’actes, le soulèvement est en âge de s’affronter à ce qui anime, à ce qui travaille l’époque en profondeur, et qui se formule ainsi : l’économie est un compte à rebours pour l’extinction.

Loi anti-manifestations, liberticide ?

# Violences : « Comparer des voitures brûlées avec les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans est absurde »
Les images de violence « ne résument en rien le mouvement actuel », estime l’historien François Cusset, auteur d’un livre sur « Le déchainement du monde, logique nouvelle de la violence », publié au printemps dernier. Pourtant, nombre de commentateurs indignés tentent bien de réduire la mobilisation des gilets jaunes aux seules images de dégradations et d’affrontements. Et passent sous silence d’autres violences, celles « du temps ordinaire » que décrit l’historien dans son livre : contagion sociale du stress, précarité, violences contre l’environnement, oppressions sexistes… « Jamais le système économique actuel ne s’est autant accommodé de la violence », dit-il. Entretien.

# Contre le mal-vivre : quand la Meuse se soulève - C’est l’une des deux sous-préfectures de la Meuse : Commercy, moins de 6 000 habitants. Un territoire de la « diagonale des faibles densités » frappé par l’effondrement industriel ; un taux de chômage à 24,5 %. En deux mois à peine, la petite commune lorraine s’est imposée comme un point incontournable du soulèvement national des gilets jaunes : forts d’une assemblée quotidienne, les Lorrains boudent le « grand débat » macronien pour mieux louer la démocratie directe, sans représentants ni leaders. Des messages de soutien leur arrivent sans tarder du Chiapas et du Rojava. Une Assemblée des assemblées (ou « Commune des communes ») s’est tenue les 26 et 27 janvier derniers, à leur appel, rassemblant 75 délégations de toute la France. L’horizon ? Abolir les inégalités, partager les richesses et donner le pouvoir au peuple. Nous sommes allés à leur rencontre. - « On a fait un gros travail d’éducation populaire au sein du mouvement : au début, on en avait gros, c’est tout, c’est ça qui a lancé le mouvement. Là, on affine. On se demande dans quelle société on veut vivre. Et ce qui ressort de presque tout le mouvement, c’est le pouvoir au peuple. »

Répressions

# Vu sur FB : La répression des mouvements sociaux par mutilation de ceux qui y prennent part est non seulement une barbarie mais le symptôme de la pauvreté d’esprit de ceux qui s’accrochent à leurs privilèges. Les défenseurs du vieux monde n’ont rien d’autre que la violence à proposer à ceux qui réclament plus de justice sociale. Éborgner et arracher des mains semble l’ultime rempart d’un pouvoir aux abois, une élite rendue aveugle des deux yeux par sa peur de devoir changer un système auquel elle a les poings liés parce qu’elle veut continuer à en profiter. Mais on n’abat pas les idées à coups de flashballs. Les poings arrachés resteront dressés dans les têtes. Et d’autres se lèveront.

C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense."
Nelson Mandela - 1918-2013 - Un long chemin vers la liberté, 1996

https://youtu.be/KVW5ogGDlts

Le système inégalitaire, brutal et antidémocratique continue, pour l’instant...

Le Grand débat : je suis venu pour vous écouter m’entendre parler

Destructions écologiques et climatiques catastrophiques provoquées par le capitalisme et les civilisations industrielles

Sauvons la planète, détruisons l’économie
  • Le mensonge du progrès (par Nicolas Casaux) - Mais le fait est que les choses ne vont pas de mieux en mieux, que la civilisation industrielle ne rend pas l’humain plus libre, ni plus heureux. Sauf à recourir à une définition absurde de la liberté et à confondre le bonheur avec cet indicateur de l’aliénation et de l’industrialisation de la vie qu’est l’IDH. Le fait est qu’il a existé des sociétés humaines heureuses et véritablement soutenables, et qu’il n’en reste presque plus. Le fait est que la dépression, et l’éventail toujours plus vaste de troubles psychologiques dont elle fait partie, et toutes les maladies dites « de civilisation », désormais épidémiques, et toutes sortes de violences et d’injustices à l’égard des femmes, des non-Blancs, de nombreuses minorités, et des humains et des non-humains en général, et l’aliénation qui découle d’une absence de démocratie, d’une organisation sociale autoritaire, sont autant de caractéristiques de la civilisation industrielle.
    Le progrès est un mensonge qui devient plus grotesque et plus abject chaque seconde, à mesure que les problèmes sociaux et écologiques empirent et que cette monoculture, qui n’a jamais eu d’avenir, s’en rapproche inexorablement.
Nantes : couper des arbres, faire pousser des caméras

# COUPER DES ARBRES & FAIRE POUSSER DES CAMERAS : POLITIQUE NANTAISE
La presse annonce aujourd’hui une « transformation radicale » au cœur de Nantes. Dans le cadre d’un grand projet d’aménagement du secteur de la Place du Commerce, tous les arbres qui entourent la croisée des trams vont être abattus. Les tronçonneuses seront à pied d’œuvre toutes les nuits cette semaine. Le projet : couper 70 platanes à l’épicentre de la ville.

La mairie socialiste fait table rase des vieux arbres. Il y a trois semaines seulement, 40 superbes noyers étaient rasés le long de l’Erdre, donnant un air sinistre aux rives du cours d’eau. L’automne dernier, c’était le petit square Fleuriot, à côté de la Place Royale, qui était détruit, et tous les magnolias rasés. La raison d’un tel massacre ? Remplacer le square par un immeuble commercial. C’est vrai que les magasins sont tellement rares à Nantes …

La destruction des 70 platanes s’inscrit donc dans une logique organisée par la mairie, qui pourrait bien se poursuivre dans les semaines qui viennent, puisque des menaces pèsent aussi sur le square Daviais, et d’autres espaces verts. Bref, on n’a jamais autant rasé d’arbres que sous la mairie socialiste, qui se prétend « verte » et « écoresponsable » !

Si la mairie coupe des arbres, elle fait pousser une toute autre végétation en centre-ville, en métal et composants électroniques, bien moins sympathique. Johanna Rolland installe partout dans la ville des caméras de surveillance. 140 nouvelles caméras ont été ajoutées cette année à celles déjà existantes. Des moyens de flicage supplémentaires pour surveiller les manifestations et les populations dites indésirables.

Bref, la gauche à Nantes, c’est plus de caméras et moins d’arbres. Une politique toujours plus à droite. Sécuritaire, destructrice au service de la marchandise.

https://youtu.be/D8YCBs8HbR8
Planète : 16 chiffres chocs – Quand cette civilisation industrielle détruit les bases de la vie

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