De l’être-humain mâle et femelle

Lettre à P.J. Proudhon

par Auteurs divers.
Mis à jour le lundi 1er mai 2017

par Joseph Déjacque - Nouvelle-Orléans, mai 1857

Qu’est-ce que l’homme ? rien. – Qu’est-ce que la femme ? rien. – Qu’est-ce que l’être-humain ? – TOUT.

Mettre la question de l’émancipation de la femme en ligne avec la question de l’émancipation du prolétaire, cet homme-femme, ou, pour dire la même chose différemment, cet homme-esclave – chair à sérail ou chair à atelier –, cela se comprend, et c’est révolutionnaire ; mais la mettre en regard et au bas du privilège-homme, oh ! alors, au point de vue du progrès social, c’est dépourvu de sens, c’est réactionnaire. Pour éviter tout équivoque, c’est l’émancipation de l’être-humain qu’il faudrait dire.

Du fond de la Louisiane où m’a déporté le flux et le reflux de l’exil, j’ai pu lire dans un journal des Etats-Unis, la Revue de l’Ouest, un fragment de correspondance entre vous, P.J. Proudhon, et une dame d’Héricourt.

Les quelques mots de Madame d’Héricourt cités par ce journal me font craindre que l’antagoniste féminin ne soit pas de force – polémiquement parlant – à lutter avec son brutal et masculin adversaire.

Je ne connais rien de Madame d’Héricourt, ni de ses écrits, si elle écrit, ni de sa position dans le monde, ni de sa personne. Mais pour bien argumenter de la femme, comme pour bien argumenter de l’homme, l’esprit ne suffit pas : il faut avoir beaucoup vu et beaucoup médité. Il faudrait, je le crois, avoir senti ses passions personnelles se heurter à tous les angles de la société ; depuis les cavernes de la misère jusqu’aux pics de la fortune ; depuis les cimes argentées d’où s’ébranle en masse compacte l’avalanche du vice heureux, jusqu’au fond des ravins où roule la débauche souffreteuse. Alors, de ce caillou humain, ainsi frotté de choc en choc, la logique, cette étincelle de vérité, pourrait jaillir.

J’aimerais à voir traiter cette question de l’émancipation de la femme, par une femme ayant beaucoup aimé, et diversement aimé, et qui, par sa vie passée, tînt de l’aristocratie et du prolétariat, du prolétariat surtout ; car la femme de la mansarde est plus à même de pénétrer par la vue et par la pensée au sein de la vie luxueuse officielle, ou secrète, de la grande dame, que la femme de salon n’est capable d’entrevoir la vie de privation, apparente ou cachée, de la fille du peuple.
(...)

- Lire la suite sur un site consacré à l’auteur Joseph Dejacque
ou en version PDF à imprimer :

De l’être-humain mâle et femelle, Lettre à P.J. Proudhon par Joseph Déjacque

P.-S.

JPEGCe texte a été transmis à RICOCHETS par un crestois qui voulait le partager, merci à lui.

Sur Joseph Dejacque :


Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
  • [Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Version imprimable de cet article Version imprimable
Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Bouteilles à la rivière | Articles | Thèmes | Contact | Rechercher | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0
Médial local d'information et d'expression libre, journal indépendant et participatif pour la vallée de la Drôme & co :
Crest, Saillans, Die, Vercheny, Grane, Eurre, Loriol, Livron, Aouste sur Sye, Mirabel et Blacons, Piegros la Clastre, Beaufort sur Gervanne, Allex, Divajeu, Saou, Suze, Upie, Pontaix, Barsac, St Benois en Diois, Aurel...
Vous avez le droit de reproduire les contenus de ce site à condition de citer la source et qu'il s'agisse d'utilisations non-commerciales
Copyleft