C’est quoi au juste « faire sa part » ?

Face à l’accélération de la destruction des humains et autres êtres vivants

par Camille Pierrette.
Mis à jour le vendredi 20 juillet 2018

Face aux problèmes sociaux et aux catastrophes écologiques, on entend souvent : « on doit faire sa part », ou « moi je fais ma part ». Cette idée, popularisée par le mouvement Colibris et d’autres semble être une référence dans certains milieux, mais que signifie t’il au juste ? Est-il pertinent ?

Il est à présent connue, et prouvé, que cette civilisation thermo-industrielle gavée de capitalisme, en plus d’être une calamité en elle-même, engendre de multiples maux, dont des catastrophes climatiques et écologiques énormes qui pourraient aller jusqu’à la mise en péril de la plupart des formes de vie terrestres, y compris la forme humaine.
- Voir articles liés au thème « Catastrophes climatiques et écologiques » sur Ricochets

Sachant cela, que fait-on au juste ?

  • On ne change rien, après nous le déluge, tant pis pour nous et nos enfants ?
  • On fuit dans une région dont on espère qu’elle sera épargnée, en mode survivaliste ?
  • On vote écolo aux élections et on signe des pétitions ?
  • On mange bio et on roule à vélo, en prenant des douches courtes ?
  • On fait son jardin autour de sa petite maison écologique ?
  • On milite contre le nucléaire, les OGM ou/et le Linky ?
  • On bloque durablement des centrales à charbon et des terminaux pétroliers ?
  • On construit radicalement d’autres modes de vies ?
  • On fait des ZAD partout ?
  • On pend tous les patrons avec les tripes des politiciens professionnels ?
  • On sabote tous les lieux de Pouvoir et toutes les entreprises néfastes ?

Les options possibles sont nombreuses, et simplement dire « à chacun de faire ce qui lui convient », ne suffit pas.
Car il faut quand même bien réfléchir aux objectifs visés, et aux stratégies pour y parvenir. Veut-on juste se donner bonne conscience, limiter quelques conséquences, agir uniquement sur un mode individuel récupérable par le capitalisme (« vert »), ou vraiment entraver et remplacer la « méga machine » à tout détruire ?
Ensuite, avec des objectifs clairs et adaptés à la situation, il y a de la place pour tout le monde et pour toute une diversité de tactiques.

https://vimeo.com/271044231

Faire sa part de quoi, pour faire quoi ?

Quand on voit la gravité et l’urgence de la situation, il devient vite évident qu’il n’est plus question de se limiter à des réformes, des améliorations, des pommades, du green washing, du capitalisme vert, du développement durable, des petites actions individuelles.

« Faire sa part » c’est donc prendre part aux actions visant des bifurcation radicales, l’arrêt de la civilisation industrielle, la disparition du capitalisme et son remplacement par des sociétés soutenables (qui prennent en compte l’existence et le fonctionnement du vivant dans toutes leurs dimensions, qui enrichissent la biodiversité) et autonomes (non inféodées à des lobbies, Etats, systèmes hiérarchiques, oligarchies, marchés...).
L’arrêt du nucléaire, le revenu inconditionnel, l’interdiction de la plupart des pesticides, des énergies à 100 % renouvelables (soi-disant...) ne suffiront pas, et peuvent même être contre productives, voir « Pourquoi l’efficacité énergétique ne résout rien, bien au contraire » et « L’Âge des Low Tech, de Philippe Bihouix ».
Si les actions restent dans le cadre du capitalisme et de la civilisation thermo-industrielle, ça revient à peu près à pisser dans un violon par rapport aux problèmes fondamentaux.

On observe encore pas mal de personnes qui croient bien faire en se contenant de suivre les consignes des ministères ou des ONG réformistes
. Hélas, ces mesurettes sont insuffisantes et surtout à côté de la plaque puisque ne s’attaquant pas aux racines du problème.
Parfois, ces personnes y croient vraiment et se laissent abuser, parfois il s’agit juste d’un moyen de soulager sa conscience et de se situer socialement dans le courant des « gens biens », ce qui peut être valorisant.

Si « sa part » c’est juste faire quelques petits aménagements à l’intérieur du système capitalisme sans quitter la civilisation industrielle, alors c’est une illusion, c’est inadapté.
Si « sa part » c’est juste consommer à peu près autant, mais que du bio et « équitable » (ce qui est inaccessible aux plus pauvres. Seuls les plus riches, du haut des dominations et exploitations dont ils profitent, peuvent se payer le luxe de la bonne conscience ?), alors on ne sort par de l’idéologie destructrice de la Croissance.
Si « sa part » c’est partir quelques jours en vacance en avion en payant des « compensations carbones », alors on ne fait qu’ajouter à la destruction du monde.

A présent, vu la violence extrême du rouleau compresseur qui détruit la biodiversité et notre climat, « faire sa part », ce n’est pas juste de temps en temps faire un petit truc qui ne remet rien en cause de fondamental, « faire sa part », c’est plutôt quitter/stopper la civilisation industrielle, et donc arrêter toutes les destructions qui vont avec, et construire tout autre chose parallèlement et collectivement.
C’est s’engager pour ça sérieusement, tous les jours, sur la durée, résolument.

C’est peut-être pas facile, surtout tant qu’on est isolé.e, mais c’est la seule chose à faire si on veut essayer d’être conséquent.
Mais il est possible de se rassembler, d’avoir des allié.e.s et des solidarités, de marquer des points, d’avoir de nouvelles sources de satisfactions, de faire preuve de créativité.

Comment faire sa part ?

Quand on sait vers où aller, on peut chercher ensuite comment y parvenir.
Comment faire « sa part » dans les actions pour stopper la civilisation thermo-industrielle et quitter le capitalisme ?
Ca paraît énorme de prime abord, la résignation et l’impuissance nous guettent, mais il est possible de faire des choses simples, et avec des groupes et mouvements organisés d’aller plus loin.

- Voici quelques idées, à vous de compléter :

  • Refuser de consommer. Autant que faire ce peut, acheter un minimum d’objets neufs, et privilégier les productions locales, surtout celles qui essaient de sortir du mode capitaliste. Diminuer fortement, ou mieux, arrêter, la consommation de viandes et de produits animaux.
  • Travailler le minimum (entendu dans le cadre de l’emploi et du système productiviste). Et en tout cas essayer de ne plus travailler pour aucune structure participant à la destruction du monde vivant (exemples : banques, bourse, éducation nationale, industrie pétrolière, nucléaire, centrales aux énergies fossiles, emplois au service de politiciens pro-Croissance/progrès industriel, abattoirs, agriculture industrielle (qui est un des plus important facteur de destruction), industrie automobile, commerces d’objets fabriqués à l’autre bout du monde, etc.).
    Profitez du chômage ou du RSA, travaillez à temps partiel. Et chercher à produire collectivement les choses essentielles (nourriture, habitats autosuffisants qui consomment ou peu d’énergies) dans des structures non capitalistes à but non lucratif. Inventez des formes de solidarités pour vivre bien avec moins, faites pression sur les banques pour ceux qui ont des emprunts, et sur vos propriétaires pour ceux qui sont locataires, pour faire baisser les prix.
    Si des ouvriers et cadres compétents démissionnent en masse de leurs postes clés dans le système industriel, celui-ci aura du mal à les remplacer et prendra un bon coup dans l’aile ! Et en plus ça laisse du temps pour agir, voir points suivants.
  • Aider financièrement et matériellement les divers groupes radicaux, Zads et organisations qui luttent de diverses manières pour démanteler/bloquer le capitalisme et cette société industrielle, et aussi qui construisent collectivement des modes de vie résilients/soutenables, dans le respect de la Terre-Mère
  • Les plus riches, qui devraient se préoccuper eux aussi de leur survie, doivent contribuer de manière importante à aider financièrement et matériellement ces groupes
  • Participer activement, d’une manière ou d’une autre, à ces organisations et groupes, à leurs actions. Il y a en a pour tous les goûts, tous les âges et toutes les disponibilités
  • Afficher publiquement un soutien à ces groupes, et diffuser partout les idées autour de la résistance radicale. Ne pas critiquer les tactiques utilisées par d’autres qui pourraient nous déplaire/déranger
  • Multiplier les habitats groupés bioclimatiques accessibles aux plus pauvres, les jardins collectifs inspirés de la permaculture, le partage de véhicules, l’apprentissage de l’autonomie collective dans tous les domaines, etc.
  • Créer divers lieux de résistance et de mise en place de façon de vivre qui ne détruisent pas les bases de la Vie ni n’exploitent humain.e.s et autres animaux. Mettre en lien ces lieux, échanger sur les pratiques, les savoir faire, les tactiques.

Vous l’aurez compris, dans le monde tel qu’il est, si on veut vraiment avoir une influence décisive, imposer au plus vite l’arrêt de cette civilisation industrielle pilleuse et destructrice, stopper le capitalisme terroriste et totalitaire en le remplaçant par bien mieux, « faire sa part » ne peut se résumer à quelques petites actions éparses, conformistes ou réformistes. Il ne s’agit pas de juste s’occuper de soi et de sa santé, de faire des stages de bien être ou de « psychologisation » des questions sociales, mais bien de s’engager collectivement, fortement et sur la durée pour soutenir diverses actions radicales, ou/et y participer directement.
Veut-on vraiment survivre, que nos enfants survivent, que la Vie puisse continuer sur Terre ?
Si oui, c’est maintenant que ça se passe.
Faisons notre part !

Quelques liens utiles pour approfondir


8 Messages

  • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 7 juillet à 19:38, par Virago

    Bonjour

    En permanence Camille Pierrette nous dit ce qu’il faut faire sans jamais rien démontrer. Lui il sait et nous on ne comprend rien !!!
    Moi je lutte contre le compteur électrique Linky et je dis que c’est fondamental au même titre que le fichage ADN.
    Quand la police saura si je suis chez moi ou pas et si j’ai invité des amis etc...et bien je ne pourrais plus militer pour rien parce que je serai en prison.
    Je trouve que Camille Pierrette connait mal l’histoire. Pour moi c’est un bisounours.

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    • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 8 juillet à 18:06, par Camille Pierrette

      Salut,
      C’est vrai que j’aime bien lancer des directions, mais je m’inspire d’autres, de lectures, où les démonstrations sont plus détaillées. Il me semble qu’à présent ces constats peuvent être su de toustes.

      Désolé pour le côté rabâchage. Pour autant, je ne ferai pas le chef ou le gourou, je vous rassure ;-)
      J’ai mis le Linky parmi une liste d’options possibles.
      Peut-être qu’entraver le Linky c’est utile.
      Mais pour moi, en tout cas, il est surtout important de chercher à stopper les causes, les bases du système qui détruit tout le vivant, plutôt que se limiter seulement à ses innombrables conséquences, dont le Linky fait partie.
      C’est aussi ce que disent les références que je cite.

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  • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 11 juillet à 23:12, par Camille Pierrette

    Voici quelques analyses et références sur les questions d’effondrements des sociétés industrielles et de résiliences :
    Les Zad, des laboratoires de résilience face à l’effondrement

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  • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 20 juillet à 12:13, par Camille Pierrette

    En complément, quelques réflexions dans cet article :
    Violence et non violence – Comment réagir à la violence lorsque tout le monde vous dit de ne pas y réagir ?

    Faire une transition c’est bien (et c’est mieux si c’est une vraie transition, pas juste des bricoles), mais si cette civilisation industrielle n’est pas stoppée et remplacée au plus vite, alors l’augmentation de température due au CO2 des activités humaines entraînera des catastrophes écologiques et climatiques qui balaieront l’espèce humaine et la plupart du vivant, transitionneurs compris !

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  • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 13 août à 11:56, par Vincent Meyer

    je lis « Profitez du chômage ou du RSA, travaillez à temps partiel »... et cela m’apparaît comme une contradiction flagrante du discours, car c’est bien grâce à ceux qui sont dans le système que l’on peut financer le chômage et le RSA...

    le désespoir qui peut nous prendre du fait de la proximité du grand effondrement ne doit nous amener à la passivité mais pas non plus à considérer que la priorité est de tout mettre par terre et après on verra... car le chaos ne peut que générer le pire... les inéluctables catastrophes à venir auront enfin une vertu pédagogique et la transition radicale se fera avec les gens et non contre eux...

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    • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 13 août à 13:01, par Camille Pierrette

      C’est sûr que « profiter de l’aide sociale » c’est mal vu, mais faut voir même les non-travailleurs (ce n’est pas qu’ils foutent rien, mais ils travaillent pas dans le cadre salariat/entreprise capitaliste) payent de la tva sur tout et contribuent au budget de l’état, et aussi via d’autres taxes.
      D’autre part, ce système totalitaire hégémonique ne nous laisse pas d’espaces libres pour vivre différemment, on est un peu comme dans une prison. Et dans une prison, c’est un peu « normal » que les gardiens et les personnes qui veulent la prison (ou ne font rien pour l’abattre) nourrissent un peu les prisonniers et les rebelles.
      Si plein de monde « sort du système » (construit d’autres modes sociaux, de production et d’échanges), alors il n’y aura plus besoin des aides sociales du système (qui de toute façon les restreint de plus en plus, et qui ne pourra plus les donner quand il s’effondrera).

      C’est sûr que le chaos est dangereux.
      Mais on vit déjà dans un chaos grandissant et ultra-dangereux, qui peut mener à plein d’horreurs (cf les deux guerres mondiales du 20e et tout le reste).
      Je souhaite l’effondrement de la civilisation industrielle pour garder une chance de survie à l’humanité et aux autres espèces vivantes. Si on attend que les très grosses catastrophes climatiques et écologiques arrivent, et forcent -peut-être- pour de bon beaucoup plus de personnes à réagir fortement, ce sera trop tard, car le C02 sera déjà largué, et les +5°+6° seront « programmés » par la « machine » climatique, ce qui engendra ensuite l’apocalypse de la vie terrestre.
      Et si on ne hâte pas l’effondrement de ce système, les destructions vont continuer, et les effondrements (et sans doute les guerres diverses, le nombre de morts) qui viendront après seront bien pires encore.

      Et il faut aussi se préparer activement et collectivement à l’effondrement, pour que ce ne soit pas le chaos, pour que la vie sociale et culturelle continue, qu’on puisse avoir de quoi boire, manger, s’abriter, pour qu’on risque moins de dériver vers les guerres. Il ne s’agit pas de dire « et après on verra », il faut se préparer, transformer complètement les bases sociales de fonctionnement.

      - On doit donc hâter l’effondrement de la civilisation industrielle pour trois raisons :

      • pour diminuer au maximum et rapidement les émissions de gaz à effet de serre, afin de peut-être garder les modifications très rapides du climat dans des limites supportables, et empêcher les effets dominos et autres rétroactions incontrôlables
      • pour arrêter la destruction des autres espèces et des écosystèmes (au moins 100, peut-être 200, espèces disparaissent chaque jour) (sans parler des innombrables violences et asservissements exercés entre humains)
      • pour que les effondrements de ces sociétés productivistes, inévitables (voir collapsologie), se fassent plus vite et soient moins douloureux, et que les écosystèmes (les sols, l’eau potable, du moins ce qu’il en reste) soient en meilleur état et soient plus à même de satisfaire encore les besoins de base

      En gros, soit on prépare de manière réfléchie des jolis canaux de sauvetage adaptés (capables de nous faire voguer vers une autre société) tout en faisant couler notre Titanic, soit on attend le naufrage, et la ruée en panique vers des canaux de sauvetages non préparés et en nombre insuffisant.
      La 1re option n’est pas facile, car faut faire le deuil du monde qu’on a connu et de tout ce qu’on a appris, mais au moins on peut s’en tirer à peu près.
      Si on laisse faire (si on compte sur les gouvernements, les COP, les technologies, les experts, les multinationales, les douches courtes, les petits gestes individuels écolos...), et que donc on choisit par défaut la 2e option, là ce sera un carnage et un chaos épouvantable, se soldant possiblement par la disparition de notre espèce, en en entraînant plein d’autres avec qui n’ont rien demandé.

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  • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 13 août à 13:51, par Vincent Meyer

    Rien de ce que tu préconises ne peut être engagé dans des proportions significatives sans le soutien et la participation d’un grand nombre. Une transition non démocratique conduirait au chaos. Ce qui ne veut pas dire que les actions particulières n’ont pas d’impact mais cet impact symbolique ou genre colibri a valeur d’exploration, d’exemple, de pédagogie, de démonstration. C’est aussi l’amorce de comportements de survie.
    La transition ne peut être engagée dans la violence, le mépris et la haine des autres sans se condamner d’emblée à l’impopularité et l’isolement donc à l’inefficacité. Les actions de provocation (genre tagage des murs, squat de villa, vol collectif en supermarché) sont totalement contre productives. Elles permettent parfois de gagner à la cause un révolté de plus en s’aliénant 100 personnes qui étaient passives, attentistes et neutres et qui, du coup, seront désormais des opposants farouches. Bonne intention mais grave erreur de stratégie et de méthode. Bien sûr, ce n’est pas enthousiasmant de voir l’effondrement arriver (pas besoin de pousser) et de savoir qu’il y aura du dégât. Mais c’est seulement à partir des catastrophes inévitables à venir que la conscience collective pourra évoluer. On poussera à la roue et nos expériences alternatives seront alors des options à élargir avec la participation d’un plus grand nombre.

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    • C’est quoi au juste « faire sa part » ? Le 13 août à 17:03, par Camille Pierrette

      En fait, il y a plein de choses qui peuvent se faire à quelques dizaines, à quelques centaines. Voir liste « pour des actions locales », sur ce post,
      Et ensuite, on peut espérer un effet d’entraînement, une meilleure visibilité, et malheureusement la venue de catastrophes plus visibles/ressenties, pour que davantage de personnes rejoignent. Et là ça devient significatif.

      Je redis qu’on ne peut pas attendre « les catastrophes inévitables » et que la conscience collective évolue, car ce sera alors trop tard, comme indiqué plus haut.
      Donc on est bien obligé d’agir dès à présent avec les minorités motivées, en agissant efficacement, et en visant à les faire grossir. Tant pis si on départ ça déplaît/dérange.
      Et dans ce cadre, il serait utile que les différentes composantes actives cherchent à se comprendre, à voir plus loin, et à agir ensemble vers des objectifs similaires.
      Par exemple, celleux qui sont moins radicaux pourraient arrêter d’avoir peur à tout moment de certains discours et actes plus radicaux, et pourraient s’allier avec les plus radicaux pour certaines actions. Et les plus radicaux pourraient s’allier avec des moins radicaux qui font néanmoins des actions qui vont dans le bon sens.
      Ce qui compte c’est l’urgence actuelle, et vers où on veut aller, pas de se focaliser sur les postures, les styles et les modes d’action. Mais le problème est parfois (pas toujours) en fait sur le fond, ce sont les objectifs qui diffèrent vraiment. Par ex le capitalisme et l’écologie sont incompatibles. Ou le productivisme est incompatible avec la démocratie réelle.

      Si tout le monde repousse comme toi la résistance à plus tard, à l’attente d’éventuels gros mouvements de masse futurs, ça va être difficile et de stopper le système industriel productiviste et de construire une société vivable et soutenable !

      Sur le côté démocratique, dans la liste d’idées plus longues, j’indiquais :
      Il faudrait aussi que les peuples prennent partout le pouvoir politique en instaurant des démocraties réelles, locales et fédérées, débarrassées de la tutelle des Etats et de l’économie. Car en France comme ailleurs, il n’y a pas de démocratie, mais plutôt un simulacre, et le capitalisme et l’Etat sont ennemis de la démocratie réelle.

      Sinon, tu sembles exagérer un peu, où est-ce que j’appelle au mépris et à la haine des autres ? Je me borne à critiquer les politiciens professionnels et les « gros » capitalistes, surtout ceux qui ont des postes haut placés.
      Pour toi, il faudrait alors être carpette/gentil avec tout le monde, même avec ceux qui sont véritablement violents (les extrémistes comme Macron et sa bande), se moque de nous et veulent que tout reste inchangé ?
      Sinon, je manie la critique, l’ironie, c’est comme ça, c’est mon style. A d’autres de faire différemment, pour toucher d’autres personnes.

      Tu cites « tagage des murs, squat de villa, vol collectif en supermarché », ce n’est pas ce que j’indique dans mes listes d’idées de résistance et de construction.
      Mais c’est vrai que j’ai pu les saluer, ou soutenir (l’occupation d’une maison inhabitée). Et je continue par ex à penser que l’occupation de bâtiments inutilisés peut être une bonne chose dans certains cas (quand il y a de nbx biens vides, et que les personnes voulant faire des activités n’ont pas les moyens de payer sur le marché immobilier), et en le préparant correctement.
      C’est sûr que c’est embêtant si les personnes passives/neutres restent sur la durée des « opposants farouches », mais comme de toute façon elles ne feront pas gd chose, et risquent de se ranger du côté des Pouvoirs dès qu’ils leurs demandent..., ça n’a pas trop d’impact. C’est très compliqué de « plaire » à tout le monde, surtout sans moyens d’informations puissants.
      Néanmoins, je suis pour qu’il y ait aussi des actions plus « accessibles » qui peuvent plairent à toustes, et donc « contrebalancer ».

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