Pour des raisons conjoncturelles et structurelles, les prix des énergies augmentent, fragilisant le pouvoir d’achat et contribuant à une inflation générale des prix.
Les plus pauvres galèrent davantage tandis que les profits gargantuesques des entreprises du CAC40 crèvent des plafonds. Des milliards pour les riches, des miettes pour les pauvres, la logique capitaliste standard à nu.
Au lieu de remettre en cause le capitalisme et ses logiques implacables pour se sortir de cette situation inextricable, Etats et autres décideurs préfèrent la fuite en avant et le report des actions pour leur pseudo transition énergétique, normal les Etats sont intrinsèquement liés au capitalisme, leur survie dépend de la survie du capitalisme, et vice et versa.
La hausse des prix de l’énergie est là, « la fin du monde attendra encore un peu » - Les dirigeants occidentaux et chinois semblent faire le choix d’une mise entre parenthèses de la lutte climatique pour régler leurs crises sociales.
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La logique est claire : les trois quarts des Français utilisent leur voiture pour aller au travail et, donc, souffrent de l’augmentation spectaculaire des prix à la pompe. Et les politiques gardent en tête que cette facture a été le déclencheur de la rébellion des « gilets jaunes », à l’automne 2018. Alors, la fin du monde attendra encore un peu. L’important, dit-on, est de ne pas perdre le cap, quitte à réduire sa vitesse. On aura tous des voitures électriques, mais, en attendant, sauvons le pouvoir d’achat.
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Un dilemme qui devrait être au cœur des débats et propositions de la campagne présidentielle : comment gérer la transition énergétique pour éviter la catastrophe climatique de long terme, tout en évitant la catastrophe sociale et politique de court terme qui résulterait d’un appauvrissement général de la population ? Sachant, pour corser le tout, que, plus on attend, plus le long terme devient urgent… et coûteux.
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Dans un autre article, Macron avoue :
« Il y a très peu de mesures qui ont un impact substantiel sur quelque chose qui ne dépend pas de nous et qui sont les cours mondiaux »
- Avec la hausse des prix de l’énergie, la pseudo-transition énergétique est mise en pause
- La transition énergétique, c’est cumuler toutes les énergies possibles, fossiles comprises, pour faire durer la Mégamachine et ses désastres
Le libre marché dicte sa loi, les politiciens et les Etats suivent en faisant sans cesse des ajustements, un peu comme des techniciens affairés autour d’une usine à gaz qui menace sans cesse de fuir ou d’exploser. Dans ce système, les marges de manoeuvre sont réduites, marginales. La mégamachine (civilisation industrielle, Etats, capitalisme) poursuit donc sa route dévastatrice, dévorant tout sur son passage. Qu’elle soit mieux optimisée, qu’elle carbure au pétrole ou au solaire ne change pas grand chose.
En ce moment, les valets du capitalisme mettent en avant la protection du pouvoir d’achat, il s’agit de maintenir le nez un peu hors de l’eau des pauvres et classes moyennes pour éviter d’éventuelles révoltes.
Tout est lié dans ce château de carte instable : marché de l’emploi, niveau des salaires, prix des objets de consommation et prix des matières premières, pouvoir d’achat, bénéfices. Chaque carte a besoin des autres, chacune doit rester à sa place et ne pas trop se déformer sous peine de tout faire exploser. Seuls les bénéfices peuvent franchir les limites.
Si on veut des options vivables et durables pour la planète et pour les humains, on doit forcément faire autre chose.
Prendre aux riches pour donner aux pauvres peut aider comme mesure d’urgence, mais ça ne change pas du tout le mode de gouvernance ni le mode de production.
Là, en période pré-électorale donc sensible, le régime macroniste se contente de jouer sur les taxes et des aides ponctuelles, de repousser le problème à après les élections, où là les impôts de toustes seront mis à contribution pour boucher les trous.
Des mesures insuffisantes et inadaptées qui sont mises en oeuvre au ralenti
Pour le climat, résumons, les pouvoirs n’arrivent pas à mettre en oeuvre les mesures indiquées par la COP 21, elles mêmes très insuffisantes et inadaptées pour préserver le climat et le vivant (la focalisation est mise surtout sur le CO2, beaucoup moins sur les pollutions et destructions directes d’écosystèmes et d’êtres vivants).
De plus, les mesures qu’ils mettent en oeuvre, l’ajout et la substitution d’énergies pour soi-disant « décarboner » l’économie de marché, ne font qu’aggraver les choses en maintenant sous perfusion la civilisation industrielle.
Bref, ils ne font pas grand chose, et le peu qu’ils font c’est de la merde, pour un objectif de merde !
Avec la proche baisse irréversible de l’extraction de pétrole conventionnel, les prix de l’énergie ne sont pas près de baisser, les problèmes et contradictions insolubles vont s’amplifier.
On s’entête dans les impasses ou on lutte pour forcer à changer radicalement de direction ?